jeudi 7 juillet 2011

Orange Days

Lorsqu'on demande aux adultes d'évoquer leurs meilleures années, bon nombre parlent de leur époque estudiantine comme d'une ère de liberté, soulagée de la tutelle parentale et pas encore affectée des responsabilités d'un foyer, et donc propice à vivre toutes les aventures humaines avec l'énergie de nos vingt ans. Ce sont ces moments-là, et un peu plus encore, qu'Orange Days nous propose de revivre le temps de quelques épisodes.


Il est vrai qu'il ne faut pas beaucoup de temps pour se replonger avec délice et nostalgie dans cette époque! L'énergie et l'enthousiasme qui se dégagent de la joyeuse bande portée à l'écran sont indéniablement contagieux. Kai (Tsumabuki Satoshi), Sae (Shibasaki Kou), Shohei (Narimiya Hiroki), Akane (Shiraishi Miho) et Keita (Eita) portent chacun leur caractère, leurs espoirs, leurs peurs, leurs envies et recréent fidèlement cette ambiance si particulière, propre aux années universitaires. Bien évidemment, série japonaise grand public oblige, tout cela reste très contrôlé et certains excès sont pudiquement passés sous silence, sans vraiment nuire à la crédibilité de l'ensemble. En leur compagnie, on revit cette légèreté, cette énergie, cette camaraderie franche et totale - nos amis ne sont-ils pas alors ce que nous avons de plus précieux? -, ces amours dont on ne sait pas encore s'ils ne seront qu'une passade ou le prélude d'une longue histoire... Ce dernier exemple illustre d'ailleurs la transition que représente cette époque entre l'insouciance juvénile et les premières incursions des responsabilités qui s'abattront dans peu de temps sur ces étudiants. Entre un week-end entre amis et des amourettes maladroites, on suit ainsi tout au long de ce drama intimiste les interrogations sur leur avenir de ces futurs actifs.

En somme donc, il ne manque rien à cette reconstitution de "nos meilleures années" et on aurait probablement pu en rester à cette immersion nostalgique. C'eut été mal connaître Kitagawa Eriko, scénariste spécialisée dans les drames amoureux, pour le meilleur (Long Vacation, Beautiful Life, Sora Kara Furu Ishioku no Hoshi) et pour le pire (Tatta Hitotsu no Koi). En l'espèce, le personnage destiné à émouvoir les cœurs les plus endurcis est celui de Sae, une jolie étudiante en musique atteinte de... surdité. Et il faut avouer que ledit personnage est particulièrement réussi! Là où on pouvait craindre une énième resucée du pauvre être malade mais plein de courage, l'excellente Shibasaki Kou campe une jeune femme rebelle, parfois jusqu'à la vulgarité, déchirée entre une normalité apparente et un handicap omniprésent. Sae peut paraître caractérielle, mais en vérité elle porte en elle une colère profonde et violente contre sa condition, une rage qui explose à chaque occasion où sa surdité lui est renvoyée au visage. Récemment atteinte par cette infirmité, la jeune violoniste de talent ne supporte pas ce qu'elle considère comme une déchéance. Si elle se bat parfois courageusement, cette colère n'est finalement jamais loin, d'autant plus que sa vision d'elle-même exacerbe sa susceptibilité. Que peuvent lui vouloir ceux qui l'approchent? Quel regard posent-ils sur elle? Est-ce une pitié qu'elle hait ou une réelle affection? Paradoxalement, Sae se comporte en animal sauvage avec ses proches alors même que sa plus grande peur est l'isolement dont sa surdité la menace.


Ce personnage vrai offre indubitablement une dimension supplémentaire à Orange Days. Une fois encore, Kitagawa Eriko montre une compréhension d'une surprenante finesse des personnes affligées d'un handicap. Il est donc d'autant plus regrettable qu'elle n'ait pas su faire l'économie de certains revirements amoureux totalement "clichés". Fort heureusement, ils ne suffisent pas à gâcher l'excellent moment qu'Orange Days propose à tous ses téléspectateurs.

Je ne serais pas complet sans relever que, corrélativement à l'héroïne atteinte de surdité, le langage des signes japonais devient au fil des épisodes un élément extrêmement fort de la série, quasiment un personnage à part entière. Enfin, pour accompagner un drama consacré à de jeunes adultes, il était indispensable de proposer une bande son en phase avec son temps et c'est notamment le cas via le pêchu Shanghai Honey interprété par... Orange Range.



---




8/10 : Somehow I really enjoyed that one. Personal fave.


Official Site
The complete details about Orange Days on drama-wiki
Orange Days with English subs

samedi 19 février 2011

Rinjo

Ma tentative de décryptage des séries policières japonaises se poursuit avec Rinjo, un drama qui a remporté un franc succès au Japon en 2009, au point de se voir attribuer une seconde saison dès l'année suivante. Or, non seulement, il est assez rare dans le petit monde de la télévision japonaise que des suites soient produites, notamment dans un délai aussi bref, mais celle-ci a en plus réussi à dépasser les audiences de la première saison, un phénomène encore moins courant!

En l'occurrence, Rinjo nous invite à suivre les aventures d'un officier de police, Kuraishi Yoshio (Uchino Masaaki), chef de la cellule médicolégale en charge des premières observations sur les scènes de crime. De manière fort peu inattendue, on retrouve les ingrédients qui font tout le charme - ou l'ennui - des séries policières classiques. Le personnage principal, excentrique et pris de haut par ses collègues policiers, dispose d'un indéniable talent qui le rend indispensable aux yeux de sa hiérarchie. Bien évidemment, les conclusions de ses expertises vont toujours à contre-courant des pistes suivies par ses confrères, pour s'avérer finalement exactes. N'oublions pas le binôme constitué dudit chien fou et de son contraire, un jeune officier de police frais émoulu connaissant par cœur le manuel du parfait petit inspecteur carriériste et dont la loyauté comme les ambitions seront remises en cause par son admiration croissante pour les méthodes de son supérieur... Non! Ne me reprochez pas de dévoiler les développements de la série! Ceux-ci sont de tels lieux communs qu'on ne saurait en faire des éléments-clés de l'intrigue.

En un sens pourtant, la dénonciation de ce qui semble être d'un classicisme absolu, doit peut-être s'accompagner d'une certaine modération. Je dois prendre ici un certain nombre de précautions en avouant que ma perception de la société japonaise est probablement contestable, voire parfois erronée. Pour autant, de ce qu'il me semble en comprendre, dans une culture extrêmement policée, l'excentricité du personnage principal constitue un élément beaucoup plus frondeur que dans notre monde occidental où provocation rime avec reconnaissance. Alcoolique, bagarreur, mal attifé, grossier dans son attitude, irrespectueux envers ses chefs, toujours en retard au travail, Kuraishi est l'exact opposé de l'homme modèle japonais. Il est curieux d'observer que la télévision nippone met régulièrement en avant des personnages dont la rébellion contre l'ordre établi produit des résultats qu'on ne saurait attendre des suiveurs d'une société engoncée dans ses pesanteurs et ses certitudes. Par le biais de ses antihéros, le petit écran jouerait alors un rôle catharsique pour une audience avide d'exutoires avant de reprendre le cours d'une vie dûment encadrée.

La question est ouverte, mais constitue peut-être un élément d'explication quant au succès de cette série. Il faut relever que l'institution policière représente tout à la fois le visage et la garante principale de l'ordre établi, mais également un monde marginal puisque côtoyant quotidiennement une violence extra-ordinaire qu'elle peut elle-même être appelée à utiliser. Ce quasi trouble dissociatif fait de la police un terreau idéal pour y planter un héros "positif" tout en étant rebelle et excentrique, ce qui, encore une fois, semble beaucoup plus paradoxal au Japon qu'en Occident. Ajoutez à cela des épisodes indépendants aux scenarii assez bien ficelés, quoique sans grande originalité, une ambiance générale plutôt réaliste et un casting efficace, notamment s'agissant du rôle-titre, et vous obtenez une série policière qui se regarde sans déplaisir ni lassitude. Ces éléments risquent cependant de s'avérer quelque peu limités pour le téléspectateur occidental qui serait avant tout en recherche de suspense et de nouveauté.


---




6/10 : That wasn’t too bad, I guess. But never worth a rewatch.


Official Site
The complete details for Rinjo on drama-wiki
Rinjo with English Subs

vendredi 18 février 2011

Shinzanmono

Il est un genre dont je me fais assez peu l'écho sur ces pages alors même qu'il représente une large part de ma consommation de dramas: le policier. La raison de cette quasi absence résulte de la recherche effrénée d'une série qui saura me laisser une sensation légèrement supérieure à l'équanimité que m'inspire l'immense majorité des séries policières nippones. Malheureusement, Shinzanmono ne s'extrait pas vraiment de ce morne lot.

En réalité, mon entrée en matière est quelque peu injuste vis-à-vis de cette catégorie de dramas. Il est certain que le regard que j'y porte est affecté par mon attrait pour les séries policières, type The Shield, qui nous viennent d'outre-Atlantique. Si je ne m'attendais pas à retrouver ce genre de productions glauques et musclées au Japon, je dois avouer ma surprise à tomber perpétuellement sur des séries qui semblent au contraire verser dans une tendance totalement inverse. Pourtant, dans d'autres types de programmes ou media, on ne peut pas dire que les Japonais fassent réellement la fine bouche sur les excès en tous genres. Rien de tel dans ces dramas d'une sobriété surprenante! On se demande même parfois si la série ne serait pas qualifiée de "policière" uniquement parce-que son personnage principal appartient aux forces de l'ordre et Shinzanmono constitue à ce titre une excellente illustration.

Partant de l'assassinat mystérieux d'une femme dans un arrondissement populaire typique de Tokyo, l'inspecteur Kaga (Abe Hiroshi) va s'immiscer dans la vie du quartier pour tenter de retrouver l'assassin. La construction de la série est alors très simple: à chaque épisode, du fait de son témoignage bancal, un nouvel habitant se retrouve dans la ligne de mire de l'enquêteur. A noter que le rapport dudit témoignage avec l'affaire semble parfois fort nébuleux, voire quasi inexistant. On prend donc rapidement conscience que le meurtre initial n'est finalement qu'un prétexte à cette série, dont l'objet semble plutôt de faire du téléspectateur un voyeur baladé au cœur de la vie d'un quartier où se dévoilent les petits mensonges et les grands secrets, les disputes familiales et les querelles de voisinage. On serait presque surpris d'être ramené à l'enquête principale au dernier épisode!

Alors, certes, l'ensemble se laisse regarder distraitement, d'autant plus que le casting est aussi riche qu'impeccable, mais j'avoue mon désarroi de m'être retrouvé devant l'équivalent japonais d'un feuilleton télévisé sur France Télévision quand je cherchais tout simplement un bon polar avec un soupçon de noirceur et - au diable l'avarice! - quelques gouttes d'hémoglobine. Ma recherche de la série policière japonaise dont l'intrigue me tiendra en haleine d'un bout à l'autre du récit se poursuit donc...


---




6/10 : That wasn’t too bad, I guess. But never worth a rewatch.



Official Site
The complete details for Shinzanmono on drama-wiki
Shinzanmono with English Subs

jeudi 16 décembre 2010

Haikei, Chichiue-sama


Regarder des dramas a régulièrement pour conséquence inattendue de me donner... faim. En effet, la gastronomie japonaise, loin de la nourriture insipide servie par les restaurants chinois parisiens reconvertis en fournisseurs de brochettes et sushis excessivement bas de gamme, constitue une part inhérente de la culture transmise par les séries télévisées nippones. Autant dire qu'un drama ayant pour cadre un restaurant traditionnel japonais ne pouvait qu'exciter mon intérêt en même temps que mes papilles.


Et il faut bien reconnaître que sur le plan culinaire, je ne fus pas déçu. Haikei, Chichiue-sama permet en effet de découvrir la scène mais également les coulisses de ces restaurants de prestige où les mets les plus raffinés sont préparés avec un soin qui confine à l'art et présentés suivant un cérémonial d'un raffinement exquis. Pour un japanophile, la plongée dans cet univers traditionnel est un régal. Sans doute pour aller de pair avec cette atmosphère si distante de la fureur du temps présent, la série se déroule sur un rythme particulièrement lent. Les récits de Kuramoto Sou (auteur également de Kaze no Garden) adoptent de toute façon toujours ce tempo syncopé, pour laisser aux téléspectateurs le plaisir de savourer des récits paraissant se dérouler hors du temps. Malheureusement, si l'intention est louable et le cadre superbe, le contenu de l'histoire en lui-même souffre sur la durée d'un manque d'épaisseur rédhibitoire. Conséquence fâcheuse, au fil des onze épisodes de ce drama, l'ennui finit par sérieusement guetter le téléspectateur.


Car, au fond, que veut-on nous raconter? Le restaurant se trouve au cœur de l'affrontement classique entre gardiens de la tradition et promoteurs d'un réalisme qui s'appuie sur les exigences financières du temps présent. Cette lutte, qui se déroule au sein même de l'enseigne, s'étend également à toute une communauté urbaine héritière d'une culture et d'un art de vivre voués, semble-t-il, à l'oubli. Intéressant mais un peu court. Or, si le scénariste a bien pensé à compléter cette trame par l'histoire personnelle du personnage principal, Tawara Ippei (Ninomiya Kazunari), le résultat est pour le moins décevant bien qu'attendu. En effet, je n'aime pas Nino. Son air d'éternel gamin pré-pubère ne m'a jamais permis d'accrocher à ses personnages et ce fut malheureusement encore le cas. Sa recherche d'un père inconnu, comme son couple improbable avec la belle Karasawa Naomi (Kuroki Meisa), en plus de faire un soporifique surplace, n'ont rien de convaincants. Les très nombreuses scènes dans lesquelles il apparaît n'ont généré chez moi qu'une torpeur lasse. Si ce triste résultat, qui vient gâcher la charmante poésie de ce drama, n'est peut-être pas entièrement de son fait, on ne peut s'empêcher de penser qu'un acteur plus charismatique aurait certainement pu porter davantage cette série.

Ainsi, en dépit de son intérêt culturel, de ses personnages secondaires convaincants et de son atmosphère nostalgique contagieuse, cette série s'est distinguée à mon endroit comme étant celle que j'ai mise le plus de temps à achever: plusieurs mois se sont en effet écoulés avant que je n'en vienne enfin à bout. En conclusion, et on me pardonnera ce jeu de mots facile, abordé avec appétit, Haikei, Chichiue-sama m'a clairement laissé sur ma faim...


---

mercredi 15 décembre 2010

20 theme songs


Deux années pour rédiger 20 critiques de dramas, je reconnais que le tempo des publications n'est pas franchement haletant. Dans le même laps de temps, j'ai eu le plaisir de visionner plus d'une soixantaines de séries, accumulant un retard qui ne sera pas simple à combler. Quoi de mieux qu'un peu de musique pour remettre du rythme dans cette très modeste aventure scripturale? Regarder des dramas, entre autres découvertes, ouvre une petite fenêtre sur la production musicale japonaise au moyen de génériques aussi divers que le sont les séries elles-mêmes.

Démonstration avec les thèmes musicaux des 20 séries télévisées japonaises chroniquées sur ce blog.

NB: A noter qu'étant un véritable béotien en matière musicale, il s'agit bien ici, non d'une critique des groupes et chanteurs cités, mais bien d'une simple invitation à la découverte.


- My Boss, My Hero
Sorafune par TOKIO - De la musique pop/rock de Johnny's pour cette série burlesque dont le personnage principal est également le chanteur du groupe TOKIO. Vendu à 400 000 exemplaires, Sorafune reste à ce jour le single le plus populaire sur les 39 parus depuis la création du groupe en 1994.


- Beautiful Life
Konya Tsuki no Mieru Oka ni par B'z - Le plus grand duo de rock japonais (80 millions de disques vendus au Japon) a été sollicité pour réaliser le générique de ce qui allait être une série monument de la télévision japonaise.


- Dragon Zakura
Realize par melody. - Une chanson pop classique comme le Japon en produit des dizaines par an. Son interprète n'aura connu le feu des projecteurs que pendant 4 ans avant d'épouser le célèbre et surprenant chanteur/compositeur/producteur Miyavi.


- Hana Yori Dango
Planetarium par Otsuka Ai - Un thème musical récurrent plutôt que le générique de cette série pour ados. Dis autrement, une ballade écrite, composée et interprétée par une artiste pop classique plutôt que la soupe servie par un boys band, Arashi, dont je ne m'expliquerai jamais le succès.

- Last Christmas
La musique du générique est interprétée par un groupe occidental. Oui, celui auquel vous pensez...


- Kisarazu Cat's Eye
One Night Carnival par Kishidan - Inutile d'insister, je ne mettrai pas de chansons d'Arashi sur ce blog! Le groupe parodique Kishidan, intervenant lors d'un épisode de cette série déjantée, mérite bien plus le coup d'oeil... et le sourire.


- Sekai no Chuushin de, Ai wo Sakebu
Katachi Aru Mono par Shibasaki Kou - Une ballade très classique interprétée par une jeune femme dont le talent en tant qu'actrice mérite, à mon avis, bien plus l'attention que celui de chanteuse.


- Taiyou no Kisetsu
Ki Se Ki par Takizawa Hideaki - Il aurait été dommage que Tackey n'aille pas au bout du massacre en ne chantant pas le générique de cette série insipide.


- Suna no Utsuwa
Yasashii Kisu wo Shite par Dreams Come True - La superbe voix de Yoshida Miwa, chanteuse du groupe Dreams Come True (50 millions de disques vendus dans le monde!), pour accompagner un drama d'une beauté poignante.

- Pride
Comme souvent dans les dramas de KimuTaku, le thème musical est emprunté à un groupe américain à succès.


- Yasuko to Kenji
Amagasa par TOKIO - Leur batteur étant le personnage principal de cette série, le groupe TOKIO a remis le couvert avec une chanson dont les paroles ont été écrites par Shiina Ringo, célébrissime compositrice/interprète japonaise.


- Medaka
Masayume par Spitz - Voilà un groupe que j'apprécie énormément! Masayume représente une excellente introduction à la musique rock de ce groupe, portée par le timbre de voix original de son chanteur. Par ailleurs, Spitz a ouvert en avril 2010 une chaîne youtube regroupant l'ensemble de leurs clips: à découvrir absolument!


- Last Friends
Prisoner of Love par Utada Hikaru - Probablement la star japonaise la plus célèbre hors de ses frontières. Difficile de rendre compte de l'énorme succès de cette chanteuse d'exception, dont je suis devenu un fan authentique, au point de regretter amèrement la mise entre parenthèses de sa carrière à compter de 2011, ainsi qu'elle l'a elle-même annoncée. Ne manquez pas sa chaîne sur youtube.


- Beach Boys
Forever par Sorimachi Takashi - Un son bien daté pour une série-culte des années 90. Son interprète n'est d'ailleurs nul autre qu'un des deux acteurs principaux.


- H2
Over... par K - Une ballade pop interprétée par un chanteur coréen. Quelques grammes de finesse dans un drama qui en manque autant que de tout ce qui aurait pu en faire un succès...


- Bara no nai Hanaya
Zutto Issho sa par Yamashita Tatsuro - On poursuit dans le style 'ballade romantique' avec cette chanson parfaitement adaptée au ton sucré de cette série douce et émouvante.


- Proposal Daisakusen
Ashita Hareru Kana par Kuwata Keisuke - Encore une immense star de la scène japonaise qui se prête au jeu du thème musical d'une série télévisée. Depuis plus de 20 ans, Kuwata Keisuke berce les foules avec ses chansons rock teintées d'un blues qui n'appartient qu'à lui.

- Karei naru Ichizoku
Le thème principal relève de la musique classique, joué par un philharmonique qui m'est inconnu.


- Tatta Hitotsu no Koi
Bokura no Machi de par KAT-TUN - Avec Kame-chan en vedette de cette série, il fallait bien s'attendre à ce que son boys band en profite pour en commettre le générique. Dire que ces garçons remplissent des stades à chacun de leurs concerts...


- Kaze no Garden
Nocturne par Hirahara Ayaka - Musicienne émérite, Hirahara Ayaka s'inspire régulièrement de compositeurs classiques pour créer des chansons dont la beauté s'exprime au travers d'une voix exquise.

samedi 20 novembre 2010

Kaze no Garden

Fin.

Entamer une chronique par ce terme pourrait paraître paradoxal. Pourtant, c'est bien de cela dont il s'agit dans Kaze no Garden : lorsque la fin arrive, que nous reste-il à faire ? Que peuvent ou doivent être nos derniers mots, nos derniers actes ?

Shiratori Sadami (Nakai Kiichi), anesthésiste réputé, se découvre atteint d'un cancer incurable. Sept ans plus tôt, son infidélité lui a fait perdre sa femme et ses deux enfants et lui a valu d'être banni par son propre père. Apprenant la nouvelle de sa maladie, Sadami se voit irrésistiblement poussé par l'envie de revoir les siens, comme un retour à l'essentiel après une vie pleine de légèreté. Bien que discret sur son état, collègues, amis, amantes ne tardent pas à se presser autour de lui, mais aucun d'eux n'est en mesure d'offrir à Sadami ce qu'il recherche au crépuscule de sa vie. Et d'ailleurs, de quoi s'agit-il : réconfort, rédemption, absolution ? Sans doute, au fond de son cœur, espère-t-il un peu de tout cela, mais ce besoin de retrouver sa famille semble toucher à quelque-chose de plus primal. Toutes les constructions d'une vie, professionnelles ou personnelles, s'effacent avec une radicalité frappante devant l'irrépressible envie de vivre ces instants, si précieux puisqu'ils sont les derniers, auprès de sa chair et de son sang, fut-ce même à leur insu. Ce sentiment est admirablement bien distillé aux téléspectateurs, avec ce mélange de finesse et de détermination propre aux (bons) dramas.

C'est d'ailleurs l'une des qualités de cette série, touchante mais pas larmoyante, de savoir traiter son sujet avec une retenue jamais prise en défaut. On pourrait être choqué de la faible place accordée à la douleur liée à un cancer en phase terminale, qui se trouve plus souvent évoquée que réellement montrée. On évite cependant ici l'écueil d'un voyeurisme malsain pour se concentrer sur les réflexions évoquées plus haut : d'un passé infâmant à la privation brutale de son avenir, que reste-il à Shiratori Sadami ? Parce qu'il atteint le terme de sa vie, le personnage principal se trouve mis à nu et obligé de s'interroger sur ce qui importe fondamentalement dans une existence. C'est sa réponse à ce questionnement qu'il fait partager intimement aux téléspectateurs.

Kaze no Garden ne se veut pas un documentaire sur la fin de vie, mais bien un drame familial et un objet de réflexion sur nos accomplissements et nos valeurs au regard de notre propre mortalité. Cette invitation à prendre le temps d'une pause pour réfléchir sur nous-mêmes s'avère d'autant plus persuasive que ce drama se déroule dans un cadre superbe et apaisant. Loin de sombrer dans une atmosphère lugubre et morbide, ce drama renvoie au contraire vers une réjouissante rusticité, parsemée de scènes d'une grande beauté. Par ailleurs, je limiterai mes reproches quant au rythme lent de cette série, ponctuée de moments forts mais qui jamais ne heurtent un cheminement volontairement paisible. Il y a comme une évidence paradoxale à donner du temps pour raconter l'histoire d'un homme auquel il en reste si peu.

Parlant de cet homme, il faut noter la très bonne prestation de Nakai Kiichi pour tenir ce rôle de séducteur vieillissant, d'un courage discret et d'une détermination seulement freinée par la honte de ses actes passés. Ogata Ken (Shiratori Keizo), dont ce fut le dernier rôle avant de décéder lui-même d'un cancer 4 jours avant la diffusion de Kaze no Garden, incarne avec une grande délicatesse ce grand-père dévoué et compatissant, obligé à une fermeté qui ne demande qu'à s'effacer devant l'amour et le pardon pour son fils prodigue. Kuroki Meisa (Shiratori Rui), pour sa part, poursuit sa progression vers une qualité d'interprétation qui devrait la voir devenir une actrice dont le physique ne l'emporte pas sur le talent. Enfin, il faut souligner la superbe performance de Kamiki Ryunosuke (Shiratori Gaku) qui incarne avec une véracité confondante un jeune garçon atteint d'un léger autisme.

Clairement, Kaze no Garden appartient à ce qui, à mon goût, se fait de mieux comme série dramatique, en particulier pour l'intelligence et l'authenticité de son histoire ainsi que la pudeur de son traitement. Comme une opportunité d'abreuver notre réflexion à la source de nos émotions...


---




8/10 : Somehow I really enjoyed that one. Personal fave.



The complete details about Kaze no Garden on drama-wiki
Kaze no Garden with English Subs

jeudi 4 novembre 2010

Tatta Hitotsu no Koi

Loin de leur objectif initial, certaines séries prêtent inévitablement à rire par leur scenario, le jeu des acteurs ou leur réalisation, voire l'ensemble. Tatta Hitotsu no Koi, censé installer Kamenashi Kazuya au firmament des acteurs romantiques, s'impose comme une référence en la matière.

Il est vrai que les romances ne sont pas nécessairement mon genre préféré, mais les précédentes chroniques témoignent, je crois, de mon ouverture à tous les styles tant qu'ils sont bien menés. Il n'en est rien de ce drame fourre-tout qui aligne à chaque épisode les stéréotypes les plus grotesques. En toile de fond, cette série narre la romance, forcément impossible, entre un jeune ouvrier, Kanzaki Hiroto (Kamenashi Kazuya) et l'héritière d'un grand bijoutier, Tsukioka Nao (Ayase Haruka). Le ton est donné dès le premier épisode où Hiroto et Nao tombent de concert dans une piscine, les yeux dans les yeux, la scène nous étant repassée au ralenti et sous tous les angles pendant de longues minutes : « je t'ai regardé, tu m'as regardé, on s'est aimé ». La série démarrait sur les chapeaux de roue !

"Bonjour! C'est ici le casting pour jouer un ouvrier d'un chantier naval?"

Bien évidemment, le jeune homme est orphelin de père, l' entreprise de réparation navale dont il a hérité croule sous les dettes, sa mère est acariâtre et alcoolique et le tableau ne serait pas complet sans un petit frère malade et en chaise roulante. Voir Kame-chan, androgyne et fidèle client des chirurgiens plastiques, jouer un prolétaire en bleu de travail porte déjà un coup brutal à la crédibilité de la série. A l'opposé, son alter ego féminine témoigne d'une innocence, d'une ingénuité et d'une naïveté qui seraient touchantes si elles n'amenaient pas à se poser des questions sur son quotient intellectuel. A ma connaissance, une jeune femme de 20 ans qui, pour son premier rendez-vous, souhaite aller voir des étoiles filantes déguisée en sorcière d'Halloween, c'est inédit, voire un peu flippant. Naturellement, son environnement familial s'oppose vivement à cette relation, ce qui ne va pas sans larmes, bouderies et crises de nerfs.


A chaque épisode son cliché donc. Du côté de Nao, un père qui propose de l'argent à Hiroto pour qu'il cesse de fréquenter sa fille, puis qui arrange des fiançailles avec un de ses subordonnés, le grand frère protecteur prêt à recourir à la violence physique pour éloigner le pauvre soupirant, etc. Du côté d'Hiroto, la palette est également assez riche : des employés qui partent avec la caisse, des scènes d'humiliation pour conserver des clients intraitables, une mère indigne qui va quémander de l'argent à la famille de Nao en échange d'une réputation protégée et, bien sur, d'anciens amis d'Hiroto qui envisagent le kidnapping de sa belle contre forte rançon. J'oubliais : le petit frère malade souffrira d'une violente rechute. Quelle malchance ! S'il manque un élément à cette liste, blâmez ma mémoire et rassurez-vous, il figure nécessairement dans Tatta Hitotsu no Koi. Seule la fin possède une petite once d'originalité qui, ajoutée à mes fous rires incrédules, évite à ce drama un zéro pointé.

On se demande comment Kitagawa Eriko, auteur de drames romantiques aussi justes et touchants que Long Vacation, Beautiful Life, Sora Kara Furu Ichioku no Hoshi ou Orange Days, a pu se manquer à ce point en se contentant d'empiler grossièrement les lieux communs des romans à l'eau de rose. Les amateurs de guimauve apprécieront peut-être, les autres se contenteront d'en rire ou de s'enfuir.


---




3/10 : Try it if you’re a masochist.



Official Site
The complete details for Tatta Hitotsu no Koi on drama-wiki
Tatta Hitotsu no Koi with English Subs