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mercredi 24 août 2011

Papa to Musume no Nanokakan

Parfois, alors que des séries aux sujets sérieux, prenants, pertinents s'empilent en attendant d'être regardées, l'envie prend de goûter à quelque-chose de simple, sans ambition et vis-à-vis duquel le téléspectateur n'aura donc pas de réelles attentes. On peut alors allumer TF1 ou, pour éviter un choc trop brutal aux neurones, visionner un des nombreux dramas humoristiques proposés par la télévision nippone.

Papa to Musume no Nanokakan a décroché en 2007 des scores d'audience tout à fait honorables pour un drama dont le thème, l'échange de corps entre un père et sa fille, pouvait laisser craindre qu'il s'agît d'une farce un peu grossière. Si cette série entre bien dans la catégorie des comédies, elle aborde cependant la thématique des relations parents-adolescents non sans quelque intelligence.

Plus encore qu'en Occident, les pères de famille japonais trouvent peu de temps à consacrer à leur progéniture dont l'éducation est dévolue traditionnellement à la mère. Le japanophile averti gardera à l'esprit qu'une très importante majorité de Japonaises abandonnent leur emploi à la naissance du premier enfant, quand ce n'est pas dès le mariage, de façon à se dédier exclusivement à leur foyer pendant que l'homme consacre l'essentiel de son temps à l'entreprise qui l'emploie. Il n'est dès lors pas étonnant d'imaginer que la vie de ses enfants représente une véritable inconnue pour le chef de famille. L'inverse est également vrai. Un adolescent a peu de chances de pouvoir imaginer le monde du travail dans lequel se meut son père. Comme tous les films et séries dont le thème porte sur l'échange de corps, l'objet de Papa to Musume no Nanokakan est de faire se rencontrer deux mondes inconnus et de permettre ainsi aux protagonistes de se reconnaître par une meilleure compréhension de l'autre, de sa vie, de ses angoisses, de ses responsabilités...

Bien évidemment, ce type d'histoire ne peut être accrocheur qu'à condition que les acteurs soient crédibles dans leur incarnation. Si Aragaki Yui (Kawahara Koume) se débrouille correctement, il faut principalement applaudir la prestation de Tachi Hiroshi (Kawahara Kyoichiro) et ses mimiques d'adolescente dans un corps masculin âgé d'une cinquantaine d'années. Sincèrement, j'en ris encore! Le burlesque des situations permet de ne pas se braquer sur les développements quelque peu naïfs de l'histoire: ainsi de la fille, dont l'énergie juvénile et la candeur permettent d'éviter les culs de sac professionnels dans lesquels son père se serait échoué, et ainsi dudit père qui redécouvre les exigences de la vie scolaire mais dont la maturité fera grandir les camarades de sa fille. Un peu facile, mais finalement sans grande importance. Peu importe également que les deux protagonistes soient les archétypes de leur génération et manquent en conséquence d'une personnalité originale. Le caractère générique des personnages aurait posé problème si le drama avait eu réellement d'autres ambitions que celle d'être une comédie pour tous. Enfin, si le sujet des relations parents-enfants aurait pu être davantage creusé, le message général, d'une meilleure attention portée à l'autre pour mieux le comprendre, passe en douceur.

Au final, même si ce drama n'a pas vocation à rester dans les mémoires, Papa to Musume no Nanokakan permet de passer un vrai bon moment de détente, empli de rires et de sourires, et, parfois, a-t-on vraiment besoin de plus?


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7/10 : At least worth checking out.



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Papa to Musume no Nanokakan with English subs

jeudi 18 décembre 2008

Dragon Zakura


Contrairement aux apparences, je ne suis pas un mordu de school drama. Néanmoins, cette catégorie de séries occupe une place importante dans le paysage audiovisuel japonais et on y retrouve fort logiquement des acteurs appréciés en d’autres occasions. C’est ainsi que la présence d’Abe Hiroshi et d’une brochette de jeunes idoles en devenir m’ont incité à prendre le temps d’un regard sur Dragon Zakura.

Dans un pays cartésien comme l’est la France, nous savons tous que certaines écoles prédestinent à la réussite professionnelle et sociale. Les études socio-économiques confirment également que l’enseignement ne change que peu de choses à la donne sociale. Le même diagnostic semble pouvoir s’appliquer au Japon et sans doute en bien d’autres endroits. On peut le déplorer, s’y résigner ou encore crier, bien inutilement hélas, à l’injustice… Sakuragi Kenji (Abe Hiroshi) propose une autre alternative : accepter les règles du jeu, certes, mais faire le nécessaire pour qu’elles vous soient favorables à terme. Ainsi s’engage un véritable marathon pour faire entrer cinq élèves du lycée de 2nde zone Ryuzan à la très prestigieuse université de Tokyo (Toudai).


La série est rythmée par la recherche des cinq lycéens susceptibles d’intégrer le cours préparatoire spécial, de leurs professeurs et des défis successifs lancés aux méthodes traditionnelles d’enseignement, incarnées par le professeur d’anglais, Ino Mamako (Hasegawa Kyoko). Bien évidemment, les méthodes pédagogiques de Sakuragi Kenji sortent de l’ordinaire, mais, loin d’exister uniquement dans le but de divertir le téléspectateur, elles lui donnent également matière à réflexion en mettant en exergue le caractère abrutissant de l’enseignement : en vue de l’examen d’entrée à Toudai, toute la pédagogie est orientée vers le par-cœur et la minimisation des erreurs. L’épanouissement personnel ou la curiosité intellectuelle n’ont que peu de rapports avec l’objectif recherché : entrer dans la meilleure des universités pour intégrer l’élite.


« Entrez à Toudai et changez de vie », tel est le leitmotiv sans cesse rabâché aux oreilles de Yajima (Yamashita Tomohisa), Mizuno (Nagasawa Masami), Ogata (Koike Teppei), Kosaka (Aragaki Yui – vue dans My Boss, My Hero), Okuno (Nakao Akiyoshi) et Kobayashi (Saeko). Habitués à l’échec, désavoués par leurs parents, habités par le doute, ces lycéens sont forcément attachants, même si leurs histoires personnelles sentent parfois un peu le réchauffé pour le spectateur averti. C’est d’ailleurs là que le bât blesse. Si la thématique générale est intéressante, son traitement manque parfois d’originalité et de dynamisme avec un scenario relativement linéaire et peu surprenant.

N’en reste pas moins vrai que, bien loin des visions idéalisées d’un Gokusen ou d’un GTO, l’enseignement se dévoile ici sans fard id est comme un instrument de compétition sociale dans laquelle les vainqueurs sont exclusivement ceux qui l’acceptent et s’y inscrivent. La leçon de Dragon Zakura est dure… mais tellement vraie.


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7/10 : At least worth checking out.



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vendredi 5 septembre 2008

My Boss, My Hero


Mon premier JDrama se devait d’être mon premier post. Remettons-nous dans le contexte. Hormis quelques films de Beat Takeshi et les sentai de mon enfance, ma méconnaissance de la production audiovisuelle japonaise était abyssale. Invité par ma Belle à regarder l’un de ces inquiétants « dorama » qu’elle dévorait alors quasi quotidiennement, mon choix se porta négligemment sur une série supposée légère et drôle.

Et l’univers bascula…

Non, My Boss, My Hero n’est pas un chef d’œuvre du 7ème art, loin s’en faut. Mais il sera suffisamment bon pour m’inciter à regarder des dizaines d’autres dramas. C’est déjà une qualité, mais pas la seule. My Boss, My Hero est l’histoire du volcanique Sakaki « Tornado » Makio, héritier d’un clan yakuza, âgé de 27 ans et bête à manger du foin. Si bête que son père le renvoie au lycée avec la menace de le déshériter en cas d’échec aux examens de fin d’année. Evidemment, Makio doit cacher son âge et son « travail » à ses camarades et professeurs sous peine d’expulsion. De là, s’enchaînent naturellement une série de scènes franchement hilarantes au cours des dix épisodes de la série. Car, avouons-le, si le scénariste (Omori Mika) s’est efforcé de distiller, entre autres, quelques généralités sur les joies et les découvertes de l’adolescence, le lycée comme école de la vie, etc., My Boss, My Hero est surtout le prétexte à des délires en tous genres… ou comment découvrir l’importance du pudding dans la survie d’un établissement scolaire japonais.


Autant l’avouer, cette série repose essentiellement sur la performance de Nagase Tomoya, dans le rôle de Sakaki Makio. Celui-ci n’est jamais aussi bon que lorsqu’il doit enchaîner les pitreries, les grimaces, les coups de sang et autres gesticulations en tous genres. Comme il l’avait déjà démontré dans ses précédents succès - Ikebukuro West Gate Park, Mukodono! ou Tiger & Dragon - ce costume d’idiot sympathique lui va à merveille. La générosité de son jeu d’acteur – oserai-je un « à la Louis de Funès » - est indéniablement la source du succès de cette série. Cependant, loin de l’insupportable crétin de Mukodono!, Nagase Tomoya parvient ici à nous rendre son personnage, non seulement hilarant et sympathique, mais aussi touchant. Je fus par instants ému des efforts désespérés de ce gamin dans un corps d’homme, obligé de s’extirper de sa carapace protectrice de « dur » pour exposer ses lacunes, ses manques, sa bêtise. Qu’y a-t-il de plus douloureux et de plus humiliant, que de savoir qu’on est limité et d’être obligé d’exposer lesdites limites devant autrui ?


Aussi me suis-je attaché à ce gentil crétin, efficacement soutenu par un casting qui, sans être brillant, a joué honnêtement les rôles secondaires ultra-classiques qui lui ont été confiés. Ainsi de Sakura-nantoka (Tegoshi Yuya), l’élève victime d’extorsion et qui s’épanouira aux côtés de son nouvel ami, Umemura-San (Aragaki Yui), lycéenne certifiée 100% pure et innocente, Minami-Sensei aka Tekkamen (Kashii Yu), la jeune enseignante découvrant toutes les facettes de son métier au-delà du simple enseignement, sans oublier l’antique infirmière Mizushima (Motai Masako), voix de la sagesse et de la raison pour notre adolescent attardé. Côté Yakuza, je donne également un bon point à la figure paternelle (Ichimura Masachika), évidemment dure mais aimante : son arrivée à la réunion parents-profs, telle qu’imaginée par Makio, reste un moment d’anthologie. A souligner également la performance drôlatique de Tanaka Koki, homme de main sérieusement entiché de l’héritier du clan.

My Boss, My Hero marqua donc mes premiers pas dans l’univers des JDramas et je lui en garde naturellement une certaine tendresse. Son générique, Sorafune par le groupe Tokio (dont le leader n’est autre que… Nagase Tomoya) a longtemps été ma sonnerie de portable. Une preuve supplémentaire de l'affection que je porte à My Boss, My Hero, une comédie à ne pas manquer!


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8/10 : Somehow I really enjoyed that one. Personal fave.





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L'avis de Noctie :

My Boss My Hero, c’est un peu le drama qu’on choisit de voir parce que le pitch est original. Attention, j’ai dit « original », j’ai pas dit « intéressant ». Si je vous dis « un yakuza qui doit retourner à l’école », vous pouvez supposer qu’il y aura de l’humour neuneu et des situations abracadabrantes. Et vous auriez raison. Mais c’est sans compter l’inénarrable jeu de Tomoya Nagase qui décidément semble avoir dans la peau les mimiques du rebelz stupide. On ne regarde pas My Boss My Hero pour son scénario époustouflant mais pour ses acteurs qui jouent leur rôle de neuneu tellement bien qu’on est plié de rire avant même qu’ils aient ouvert la bouche.

Parfois même quand ils parlent, c’est drôle aussi :
- C'est loin?
- 3 km.
- Et en marchant?
- 3 km.
- Ah... Et en marchant vite?
(silence)
- 3 km.