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mardi 15 novembre 2011

Meitantei no Okite

Toute bonne série policière repose sur un certain de nombre de conditions destinées à maintenir le public en haleine, voire également à le conforter dans un schéma connu. Mais que se passerait-il si les protagonistes de ladite série avaient conscience d'être les acteurs d'une production conçue pour distraire le téléspectateur? C'est ce que Meitantei no Okite propose de découvrir avec un sens certain de la dérision à l'égard d'un genre policier dont les recettes sentent souvent le réchauffé.

Tenkaichi Daigoro (Matsuda Shota) est donc ce Grand Détective, forcément excentrique, dont l'arrivée providentielle et le génie - mettez ici autant de guillemets que vous voulez... - permettent de résoudre avec élégance les mystères auxquels la police se heurte et de découvrir le coupable. Il est entouré d'un capitaine de police, Okawara Banzo (Kimura Yuichi), spécialiste des conclusions hâtives et fausses destinées à valoriser les brillantes déductions du héros, et d'une jeune inspectrice, Fujii Mana (Kashii Yuu), frais émoulue, dont le rôle consiste naturellement à tomber peu à peu amoureuse du personnage principal. Cette dernière découvre avec les téléspectateurs le fonctionnement de ce monde dont les protagonistes s'évertuent jusqu'à l'absurde à proposer des intrigues respectant les clichés du genre. Ainsi notre trio aura-t-il le droit d'être confrontés aux fameux mystères de la chambre close, de l'arme du crime mystérieusement volatilisée, du message du mourant, du parfait alibi, etc.

Ce qui rend ces enquêtes résolument comiques, c'est qu'il ne s'agit pas tant d'arrêter les criminels et de faire la lumière sur les affaires, que de respecter les règles qui sous-tendent les différents types de mystères. Plus facile à dire qu'à faire! Notamment pour un capitaine Okawara qui prend très à cœur son rôle de faire-valoir, s'ingéniant ainsi à prendre les décisions les plus saugrenues, à encourager discrètement un Tenkaichi très sensible aux critiques et à tordre les éléments qui ne vont pas dans le sens des déductions du Grand Détective. Celui-ci a en effet l'habitude de régler ses enquêtes en s'appuyant non sur des preuves, mais sur ce qui lui semble concorder avec les règles classiques du genre... quitte à être complètement à côté de la plaque! Le burlesque de la situation tourne parfois littéralement à la grosse farce, par exemple lorsque Tenkaichi s'auto-persuade d'être face à une séduisante et délicate jeune femme et non à un suspect masculin affreusement mal déguisé. Que dire de cet autre épisode où, réalisant qu'il s'agit d'une affaire du type "dix petits nègres", il attend tranquillement que les morts s'accumulent pour ne pas briser le suspense en arrêtant trop tôt l'assassin? Au milieu de ce joyeux bazar, l'inspectrice Fujii Mana tente de conserver un semblant de rationalité en s'attaquant de manière logique aux enquêtes, ce qui, au final, ne lui rapporte que les réprimandes de ses partenaires, désolés par tant d'amateurisme. Régulièrement, les trois protagonistes se réfugient dans une antichambre-mystère bizarroïde, dans laquelle ils peuvent laisser libre cours à leurs frustrations et se disputer à loisir sur le meilleur moyen de résoudre l'énigme en cours en respectant les impératifs du genre.

Bien évidemment, pour apprécier Meitantei no Okite, il ne faut pas être allergique au burlesque et au surjeu qui forment les piliers sur lesquels repose cette comédie. J'avouerai pour ma part avoir mis un peu de temps avant de me laisser aller au rire, mais j'y ai finalement cédé, en particulier sous les assauts du capitaine Okawara, qui, plus encore que le Grand Détective Tenkaichi, s'avère absolument irrésistible. La façon malicieuse et pertinente dont ce drama se moque des clichés des séries policières ne manque pas de sel pour peu qu'on les apprécie: on peut alors s'amuser des détournements dont lesdits clichés font l'objet. Une petite leçon d'humilité pour un genre et son public - dont je fais partie - qui se laissent parfois aller à un peu trop de sérieux. Il faut également y ajouter les nombreux et amusants clins d’œil à destination de séries policières à succès japonaises, voire américaines. Autant d'éléments positifs qui permettent de passer outre quelques longueurs et un certain manque de rythme. Faute de suspense, évidemment, et parce que les bouffonneries s'apprécient plus lorsqu'on en évite l'indigestion, plutôt que de dévorer les épisodes, j'ai regardé Meitantei no Okite en dilettante, lorsque l'envie me prenait d'un moment de détente.

A moins d'être particulièrement sensibles au burlesque japonais, il est à craindre qu'un nombre non-négligeable de téléspectateurs passent à côté de cette satire. Toutefois, original et drôle, ce drama s'imposera comme un incontournable pour tous les amateurs de séries policières prêts à rire de leur genre préféré.


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7/10 : At least worth checking out.


The complete details about Meitantei no Okite on drama-wiki
Meitantei no Okite with English subs

vendredi 5 septembre 2008

My Boss, My Hero


Mon premier JDrama se devait d’être mon premier post. Remettons-nous dans le contexte. Hormis quelques films de Beat Takeshi et les sentai de mon enfance, ma méconnaissance de la production audiovisuelle japonaise était abyssale. Invité par ma Belle à regarder l’un de ces inquiétants « dorama » qu’elle dévorait alors quasi quotidiennement, mon choix se porta négligemment sur une série supposée légère et drôle.

Et l’univers bascula…

Non, My Boss, My Hero n’est pas un chef d’œuvre du 7ème art, loin s’en faut. Mais il sera suffisamment bon pour m’inciter à regarder des dizaines d’autres dramas. C’est déjà une qualité, mais pas la seule. My Boss, My Hero est l’histoire du volcanique Sakaki « Tornado » Makio, héritier d’un clan yakuza, âgé de 27 ans et bête à manger du foin. Si bête que son père le renvoie au lycée avec la menace de le déshériter en cas d’échec aux examens de fin d’année. Evidemment, Makio doit cacher son âge et son « travail » à ses camarades et professeurs sous peine d’expulsion. De là, s’enchaînent naturellement une série de scènes franchement hilarantes au cours des dix épisodes de la série. Car, avouons-le, si le scénariste (Omori Mika) s’est efforcé de distiller, entre autres, quelques généralités sur les joies et les découvertes de l’adolescence, le lycée comme école de la vie, etc., My Boss, My Hero est surtout le prétexte à des délires en tous genres… ou comment découvrir l’importance du pudding dans la survie d’un établissement scolaire japonais.


Autant l’avouer, cette série repose essentiellement sur la performance de Nagase Tomoya, dans le rôle de Sakaki Makio. Celui-ci n’est jamais aussi bon que lorsqu’il doit enchaîner les pitreries, les grimaces, les coups de sang et autres gesticulations en tous genres. Comme il l’avait déjà démontré dans ses précédents succès - Ikebukuro West Gate Park, Mukodono! ou Tiger & Dragon - ce costume d’idiot sympathique lui va à merveille. La générosité de son jeu d’acteur – oserai-je un « à la Louis de Funès » - est indéniablement la source du succès de cette série. Cependant, loin de l’insupportable crétin de Mukodono!, Nagase Tomoya parvient ici à nous rendre son personnage, non seulement hilarant et sympathique, mais aussi touchant. Je fus par instants ému des efforts désespérés de ce gamin dans un corps d’homme, obligé de s’extirper de sa carapace protectrice de « dur » pour exposer ses lacunes, ses manques, sa bêtise. Qu’y a-t-il de plus douloureux et de plus humiliant, que de savoir qu’on est limité et d’être obligé d’exposer lesdites limites devant autrui ?


Aussi me suis-je attaché à ce gentil crétin, efficacement soutenu par un casting qui, sans être brillant, a joué honnêtement les rôles secondaires ultra-classiques qui lui ont été confiés. Ainsi de Sakura-nantoka (Tegoshi Yuya), l’élève victime d’extorsion et qui s’épanouira aux côtés de son nouvel ami, Umemura-San (Aragaki Yui), lycéenne certifiée 100% pure et innocente, Minami-Sensei aka Tekkamen (Kashii Yu), la jeune enseignante découvrant toutes les facettes de son métier au-delà du simple enseignement, sans oublier l’antique infirmière Mizushima (Motai Masako), voix de la sagesse et de la raison pour notre adolescent attardé. Côté Yakuza, je donne également un bon point à la figure paternelle (Ichimura Masachika), évidemment dure mais aimante : son arrivée à la réunion parents-profs, telle qu’imaginée par Makio, reste un moment d’anthologie. A souligner également la performance drôlatique de Tanaka Koki, homme de main sérieusement entiché de l’héritier du clan.

My Boss, My Hero marqua donc mes premiers pas dans l’univers des JDramas et je lui en garde naturellement une certaine tendresse. Son générique, Sorafune par le groupe Tokio (dont le leader n’est autre que… Nagase Tomoya) a longtemps été ma sonnerie de portable. Une preuve supplémentaire de l'affection que je porte à My Boss, My Hero, une comédie à ne pas manquer!


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8/10 : Somehow I really enjoyed that one. Personal fave.





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L'avis de Noctie :

My Boss My Hero, c’est un peu le drama qu’on choisit de voir parce que le pitch est original. Attention, j’ai dit « original », j’ai pas dit « intéressant ». Si je vous dis « un yakuza qui doit retourner à l’école », vous pouvez supposer qu’il y aura de l’humour neuneu et des situations abracadabrantes. Et vous auriez raison. Mais c’est sans compter l’inénarrable jeu de Tomoya Nagase qui décidément semble avoir dans la peau les mimiques du rebelz stupide. On ne regarde pas My Boss My Hero pour son scénario époustouflant mais pour ses acteurs qui jouent leur rôle de neuneu tellement bien qu’on est plié de rire avant même qu’ils aient ouvert la bouche.

Parfois même quand ils parlent, c’est drôle aussi :
- C'est loin?
- 3 km.
- Et en marchant?
- 3 km.
- Ah... Et en marchant vite?
(silence)
- 3 km.