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mardi 24 juillet 2012
Long Vacation
Avant d'affiner mes goûts et de mener mes propres recherches, je me suis naturellement dirigé vers les grands classiques du petit écran nippon, ceux qui ont suscité le plus de bruissements parmi les amateurs de dramas. Il s'avère que les romances occupent une place importante dans ce microcosme. Logique? J'ai cru comprendre que l'audience des séries télévisées au Japon est en bonne partie féminine, de même d'ailleurs que les dramaphiles, or - et sans vouloir généraliser, de peur de m'attirer l'ire des féministes... - il semblerait que ce public soit particulièrement friand du genre romantique. En conséquence, les romances portées à l'écran bénéficient de moyens solides et d'échos importants. Néophyte à l'époque, je m'étais donc naturellement tourné vers ces séries réputées et je ne m'en suis d'ailleurs pas porté plus mal, bien au contraire (cf. Beautiful Life, entre autres). J'ai en effet découvert un genre, qui agissait sur moi jusqu'alors plus comme un répulsif que comme un aimant, et il m'arrive depuis régulièrement d'intégrer une romance dans ma sélection de dramas à voir. Pour en revenir à l'époque de mes premiers pas, avec une dizaine de récompenses glanées aux TV Drama Academy Awards, une audience moyenne proche des 30%, un casting de luxe et donc des pages et des pages de discussions et de critiques positives, je ne pouvais passer à côté du célèbre Long Vacation.
A dire vrai, ce drama est si connu qu'une chronique classique ne présente sans doute pas beaucoup d'intérêt. Je n'aurai donc pas la prétention à l'exhaustivité et me contenterai de quelques brèves remarques: les lecteurs avides d'en apprendre plus trouveront le nécessaire sur le net sans le moindre problème. Pour un court rappel des faits, Long Vacation décrit la naissance et le développement de la relation entre une femme active de 31 ans, Minami (Yamaguchi Tomoko), et un étudiant en musique de 24 ans, Sena (Kimura Takuya), la première nommée, suite à un mariage annulé, s'imposant comme colocataire du second. Leurs interactions mutuelles et avec leurs cercles personnels bouleverseront leurs univers respectifs et de ce chaos émergeront des caractères neufs, des envies inattendues et des amours déraisonnables. Au cœur de ce maelström, la question de la différence d'âge entre Minami et Sena sert de fil rouge et, si cela n'est pas totalement original - quoique, en 1996?... - elle est ici particulièrement bien traitée, à la fois sous l'angle de la problématique sociale, mais surtout par la prestation des acteurs, Yamaguchi Tomoko jouant à la perfection ce rôle tout à la fois d'aînée un peu moqueuse, de grande sœur attentive, finalement de femme mature inquiète de ses sentiments et de son avenir. Le développement de la relation entre Minami et Sena s'avère d'ailleurs globalement fort bien mené. Se construisant peu à peu, elle se donne le temps de gagner en profondeur et en crédibilité. On note que la sexualité n'est pas absente de cette construction du couple, ce qui semble être devenu un sujet tabou dans les productions télévisuelles nippones plus récentes. On remarque également, qu'à la différence des séries occidentales où on tend à ne plus perdre de temps à établir un distinguo entre coup d'un soir et femme d'une vie, le sexe participe ici d'une évolution naturelle des relations et apporte son écot à la sincérité des sentiments.
C'est d'ailleurs la qualité principale de Long Vacation que d'offrir une histoire si joliment naturelle. Kitagawa Eriko possédait alors ce talent de sublimer, au travers de ses scenarii, des sentiments si bêtement humains et pourtant si forts et si irrésistiblement évocateurs pour toute personne ayant eu la chance de les ressentir. Les acteurs sont les autres grands artisans de cette réussite, Yamaguchi Tomoko et Kimura Takuya en tête. La première interprète brillamment une femme dynamique, libérée, drôle, espiègle, vivante, mais aussi sincère et sensible. Mariée peu avant la diffusion du drama (à Karasawa Toshiaki, future tête d'affiche de Fumo Chitai), on ne peut que déplorer que Long Vacation ait été son chant du cygne. Quant à Kimura Takuya, avec le naturel qui le caractérise déjà, il fait peu à peu sortir son personnage de sa coquille, ces grandes vacances portées à l'écran marquant symboliquement son entrée dans l'âge adulte. Pour autant, si j'ai aimé passer quelques heures avec ce duo, je ne peux pas cacher que j'ai ressenti plus de sympathie que d'empathie pour eux, les moments forts de leur histoire ne m'ayant ainsi pas particulièrement ému.
Ces rôles-titres sont accompagnés par une belle génération d'acteurs: Takenouchi Yutaka se glisse sans souci dans la peau de son personnage charmeur et rebelle aux conventions. Inamori Izumi, drôlissime, est encore plus pétillante que dans Beach Boys. J'ai, par contre, assez peu apprécié Matsu Takako, malgré l'intérêt de son personnage, trop sage pour ne pas avoir envie d'autre chose que les platitudes d'une relation bien sous tout rapport mais monotone. Avis aux fans: ce drama est également le premier de Ryo et on y aperçoit même une toute jeune Hirosue Ryoko. On regrettera cependant que ces divers personnages secondaires, au regard de leur potentiel, ne bénéficient pas d'une meilleure exposition. Certaines longueurs auraient largement pu laisser leur place à des développements sur ces protagonistes. Remarque tout à fait annexe mais petit plaisir personnel: les quelques notes du Gymnopédie n°1 d'Erik Satie, au milieu d'une bande son fort étoffée.
J'en resterai donc là de mon exposé sur Long Vacation. Malgré son âge, visible à l'écran, ce drama s'impose toujours comme un immanquable standard à l'aulne duquel les romances ultérieures furent et seront comparées. A l'instar d'un Love Generation, il se pose comme un ambassadeur des sentiments et des désirs d'une jeunesse plus libérée, plus passionnée. Il consacre également KimuTaku comme une superstar du petit écran. Pour toutes ces raisons, les amateurs de romance à la sauce nippone ne sauraient faire l'impasse sur ce monument télévisuel, les autres étant simplement conviés à exercer leur curiosité.
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7/10 : At least worth checking out.
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jeudi 11 août 2011
Sunao ni Narenakute
J'appartiens à cette génération qui a vu démarrer puis exploser les échanges sur le net, créant un nouveau type de relations entre êtres humains, probablement d'ailleurs pas tant sur le fond que sur la forme. C'est la perspective de voir une série portant sur ce sujet qui m'a incité à regarder Sunao ni Narenakute, un drama sur la rencontre de quatre jeunes gens via Twitter.Dès le premier épisode, nos quatre internautes se dirigent vers un lieu de rendez-vous pour leur première rencontre in real life. On ne sait pas vraiment comment de parfaits inconnus ont fait pour se trouver sur le réseau social, mais qu'importent les détails! Il semble bien qu'une réelle complicité soit née des échanges virtuels entre Haru (Uneo Juri), Nakaji (Eita), Linda (Tamayama Tetsuji), Doctor (Hero Jaejoong)... et ce sera tout pour Twitter. Merci. Au revoir. Revenons maintenant, si vous le voulez bien, à une bonne romance bien classique, avec blessures secrètes, triangles amoureux et tout ce qui a fait le succès de Kitagawa Eriko ces vingt dernières années.
J'avoue. J'exagère car ce n'est en effet pas tout. Internet n'est pas que le prétexte à une histoire d'une grande banalité. Il permet également d'introduire avec une facilité déconcertante des personnages qu'on qualifiera pudiquement de marginaux. L'un couche avec une femme mariée, l'autre se fait tabasser par son patron, un troisième est victime de harcèlement sexuel au travail... il n'y a finalement qu'Haru qui semble n'être affectée que d'une légère timidité. Cela dit, elle est également une enseignante ratée, son petit frère se drogue et sa meilleure amie est suicidaire. Cette dernière (Seki Megumi) se trouve d'ailleurs ainsi avoir suffisamment d'arguments à faire valoir pour intégrer le petit groupe sous le pseudo de Peach.
Tout au long de la série, on subit ainsi ce sentiment désagréable que les personnes qui fréquentent les lieux virtuels d'échanges ne sont autres que des réfugiés d'une société dont ils sont les inadaptés. Le net facilite une certaine forme de mensonge et de dissimulation et permet ainsi à ces asociaux de se créer une autre personnalité, un monde différent d'une réalité qui les maltraite, et habité par des être semblables à eux. On ne peut sans doute pas balayer cette facette d'Internet d'un revers de la main, mais, à mes yeux du moins, il s'agit d'une version étriquée qui ne reflète pas ce que représente le net aujourd'hui en tant que media pour des centaines de millions d'internautes. Sunao ni Narenakute aurait pu être l'occasion de dévoiler comment internet a initié de nouvelles façons de rencontrer l'autre, de lui parler, de le rendre plus accessible, tout en ne révolutionnant pas les sentiments humains qui portent les individus à se lier d'amitié voire à s'aimer. En choisissant de faire de tous ses personnages des cas sociaux mal dissimulés sous leurs masques, Kitagawa Eriko espérait sans doute leur donner aisément une certaine épaisseur. Malheureusement, cette facilité se paye au prix du réalisme mais également de l'originalité de la série, puisque le net n'aura été qu'un vague prétexte à cette énième romance.
En conséquence, il reste bien peu de choses à dire sur celle-ci. L'histoire de cette sympathique petite bande se suit sans déplaisir malgré quelques faiblesses et des rebondissements particulièrement prévisibles. Le casting s'avère bon et il faut souligner en particulier la synergie palpable entre Ueno Juri et Eita, cultivée au fil d'autres dramas (notamment dans Last Friends). A noter également que les Ting Tings se sont emparés avec bonheur de la bande-son. Au final donc, quelques menus plaisirs qui ne suffisent pas à effacer le sentiment d'une rencontre ratée.---

5/10: Not bad, but not good either. Uneven.
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jeudi 7 juillet 2011
Orange Days
Lorsqu'on demande aux adultes d'évoquer leurs meilleures années, bon nombre parlent de leur époque estudiantine comme d'une ère de liberté, soulagée de la tutelle parentale et pas encore affectée des responsabilités d'un foyer, et donc propice à vivre toutes les aventures humaines avec l'énergie de nos vingt ans. Ce sont ces moments-là, et un peu plus encore, qu'Orange Days nous propose de revivre le temps de quelques épisodes.
Il est vrai qu'il ne faut pas beaucoup de temps pour se replonger avec délice et nostalgie dans cette époque! L'énergie et l'enthousiasme qui se dégagent de la joyeuse bande portée à l'écran sont indéniablement contagieux. Kai (Tsumabuki Satoshi), Sae (Shibasaki Kou), Shohei (Narimiya Hiroki), Akane (Shiraishi Miho) et Keita (Eita) portent chacun leur caractère, leurs espoirs, leurs peurs, leurs envies et recréent fidèlement cette ambiance si particulière, propre aux années universitaires. Bien évidemment, série japonaise grand public oblige, tout cela reste très contrôlé et certains excès sont pudiquement passés sous silence, sans vraiment nuire à la crédibilité de l'ensemble. En leur compagnie, on revit cette légèreté, cette énergie, cette camaraderie franche et totale - nos amis ne sont-ils pas alors ce que nous avons de plus précieux? -, ces amours dont on ne sait pas encore s'ils ne seront qu'une passade ou le prélude d'une longue histoire... Ce dernier exemple illustre d'ailleurs la transition que représente cette époque entre l'insouciance juvénile et les premières incursions des responsabilités qui s'abattront dans peu de temps sur ces étudiants. Entre un week-end entre amis et des amourettes maladroites, on suit ainsi tout au long de ce drama intimiste les interrogations sur leur avenir de ces futurs actifs.
En somme donc, il ne manque rien à cette reconstitution de "nos meilleures années" et on aurait probablement pu en rester à cette immersion nostalgique. C'eut été mal connaître Kitagawa Eriko, scénariste spécialisée dans les drames amoureux, pour le meilleur (Long Vacation, Beautiful Life, Sora Kara Furu Ishioku no Hoshi) et pour le pire (Tatta Hitotsu no Koi). En l'espèce, le personnage destiné à émouvoir les cœurs les plus endurcis est celui de Sae, une jolie étudiante en musique atteinte de... surdité. Et il faut avouer que ledit personnage est particulièrement réussi! Là où on pouvait craindre une énième resucée du pauvre être malade mais plein de courage, l'excellente Shibasaki Kou campe une jeune femme rebelle, parfois jusqu'à la vulgarité, déchirée entre une normalité apparente et un handicap omniprésent. Sae peut paraître caractérielle, mais en vérité elle porte en elle une colère profonde et violente contre sa condition, une rage qui explose à chaque occasion où sa surdité lui est renvoyée au visage. Récemment atteinte par cette infirmité, la jeune violoniste de talent ne supporte pas ce qu'elle considère comme une déchéance. Si elle se bat parfois courageusement, cette colère n'est finalement jamais loin, d'autant plus que sa vision d'elle-même exacerbe sa susceptibilité. Que peuvent lui vouloir ceux qui l'approchent? Quel regard posent-ils sur elle? Est-ce une pitié qu'elle hait ou une réelle affection? Paradoxalement, Sae se comporte en animal sauvage avec ses proches alors même que sa plus grande peur est l'isolement dont sa surdité la menace.
Ce personnage vrai offre indubitablement une dimension supplémentaire à Orange Days. Une fois encore, Kitagawa Eriko montre une compréhension d'une surprenante finesse des personnes affligées d'un handicap. Il est donc d'autant plus regrettable qu'elle n'ait pas su faire l'économie de certains revirements amoureux totalement "clichés". Fort heureusement, ils ne suffisent pas à gâcher l'excellent moment qu'Orange Days propose à tous ses téléspectateurs.
Je ne serais pas complet sans relever que, corrélativement à l'héroïne atteinte de surdité, le langage des signes japonais devient au fil des épisodes un élément extrêmement fort de la série, quasiment un personnage à part entière. Enfin, pour accompagner un drama consacré à de jeunes adultes, il était indispensable de proposer une bande son en phase avec son temps et c'est notamment le cas via le pêchu Shanghai Honey interprété par... Orange Range.
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8/10 : Somehow I really enjoyed that one. Personal fave.
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jeudi 4 novembre 2010
Tatta Hitotsu no Koi
Loin de leur objectif initial, certaines séries prêtent inévitablement à rire par leur scenario, le jeu des acteurs ou leur réalisation, voire l'ensemble. Tatta Hitotsu no Koi, censé installer Kamenashi Kazuya au firmament des acteurs romantiques, s'impose comme une référence en la matière.Il est vrai que les romances ne sont pas nécessairement mon genre préféré, mais les précédentes chroniques témoignent, je crois, de mon ouverture à tous les styles tant qu'ils sont bien menés. Il n'en est rien de ce drame fourre-tout qui aligne à chaque épisode les stéréotypes les plus grotesques. En toile de fond, cette série narre la romance, forcément impossible, entre un jeune ouvrier, Kanzaki Hiroto (Kamenashi Kazuya) et l'héritière d'un grand bijoutier, Tsukioka Nao (Ayase Haruka). Le ton est donné dès le premier épisode où Hiroto et Nao tombent de concert dans une piscine, les yeux dans les yeux, la scène nous étant repassée au ralenti et sous tous les angles pendant de longues minutes : « je t'ai regardé, tu m'as regardé, on s'est aimé ». La série démarrait sur les chapeaux de roue !
Bien évidemment, le jeune homme est orphelin de père, l' entreprise de réparation navale dont il a hérité croule sous les dettes, sa mère est acariâtre et alcoolique et le tableau ne serait pas complet sans un petit frère malade et en chaise roulante. Voir Kame-chan, androgyne et fidèle client des chirurgiens plastiques, jouer un prolétaire en bleu de travail porte déjà un coup brutal à la crédibilité de la série. A l'opposé, son alter ego féminine témoigne d'une innocence, d'une ingénuité et d'une naïveté qui seraient touchantes si elles n'amenaient pas à se poser des questions sur son quotient intellectuel. A ma connaissance, une jeune femme de 20 ans qui, pour son premier rendez-vous, souhaite aller voir des étoiles filantes déguisée en sorcière d'Halloween, c'est inédit, voire un peu flippant. Naturellement, son environnement familial s'oppose vivement à cette relation, ce qui ne va pas sans larmes, bouderies et crises de nerfs.

A chaque épisode son cliché donc. Du côté de Nao, un père qui propose de l'argent à Hiroto pour qu'il cesse de fréquenter sa fille, puis qui arrange des fiançailles avec un de ses subordonnés, le grand frère protecteur prêt à recourir à la violence physique pour éloigner le pauvre soupirant, etc. Du côté d'Hiroto, la palette est également assez riche : des employés qui partent avec la caisse, des scènes d'humiliation pour conserver des clients intraitables, une mère indigne qui va quémander de l'argent à la famille de Nao en échange d'une réputation protégée et, bien sur, d'anciens amis d'Hiroto qui envisagent le kidnapping de sa belle contre forte rançon. J'oubliais : le petit frère malade souffrira d'une violente rechute. Quelle malchance ! S'il manque un élément à cette liste, blâmez ma mémoire et rassurez-vous, il figure nécessairement dans Tatta Hitotsu no Koi. Seule la fin possède une petite once d'originalité qui, ajoutée à mes fous rires incrédules, évite à ce drama un zéro pointé.
On se demande comment Kitagawa Eriko, auteur de drames romantiques aussi justes et touchants que Long Vacation, Beautiful Life, Sora Kara Furu Ichioku no Hoshi ou Orange Days, a pu se manquer à ce point en se contentant d'empiler grossièrement les lieux communs des romans à l'eau de rose. Les amateurs de guimauve apprécieront peut-être, les autres se contenteront d'en rire ou de s'enfuir.
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3/10 : Try it if you’re a masochist.
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vendredi 14 novembre 2008
Beautiful Life
Ce drama est un monument de la télévision japonaise. Pour donner une idée, cette série a raflé tous les prix aux 24th Television Drama Academy Awards, son onzième et dernier épisode a décroché la plus forte audience (41.3% !) jamais enregistrée pour un drama depuis 1983... En vérité, les statistiques démontrant l’implacable succès de Beautiful Life sont légion. La présence de Kimura Takuya, en dépit de son immense popularité, ne saurait à elle seule expliquer un tel phénomène. Quelles peuvent bien être les raisons d’un tel succès ?
Beautiful Life est tout à la fois une simple romance et bien plus. Au thème, désormais mille fois traité, de l’amour par delà les différences, s’ajoute celui, plus original, du handicap. Et il faut bien s’incliner devant la façon magistrale dont le sujet a été abordé. Je suis resté pantois devant la compréhension intime de la scénariste (Kitagawa Eriko) s’agissant du rapport de la personne handicapée à sa maladie et surtout aux autres.
Kyoko (Tokiwa Takako) est cette femme en fauteuil roulant, vivante, courageuse, et pourtant si pleine d’appréhensions : comment croire en l’amour quand on se sent soi-même si faible, si différente, si anormale ? Car le quotidien renvoie sans cesse à Kyoko cette image d’anormalité : impossibilité de rentrer dans certaines boutiques à cause des marches, dans les restaurants à cause du manque d’espace pour faire passer un fauteuil roulant, taxi refusant de s’arrêter la prendre en charge, craintes de la fiancée de son frère de devoir supporter la charge future d’une handicapée, etc. L’inadaptation de nos sociétés censément modernes aux personnes à mobilité réduite est montrée de façon criante quoique sans ostentation. Kyoko veut vivre comme tout un chacun - travailler, voyager… - mais son courage ne masque pas ses doutes. Quand Shuji (Kimura Takuya) passe du temps avec elle, est-ce par pitié ? Quand il la prend pour modèle, est-ce pour marquer les esprits en se faisant photographier avec une handicapée ? Quelle chance a-t-elle de plaire à un homme brillant, aimé, admiré ? Quel futur pour elle, pour eux ? Kyoko se voit naturellement toujours elle-même d’abord au travers de son handicap. Et c’est là qu’est tout le « combat » mené par Shuji : bien avant d’être une personne handicapée, il montre à Kyoko qu’elle est une femme, une femme ayant droit aux mêmes sentiments, aux mêmes bonheurs, aux mêmes envies que tout un chacun. Bourru, réservé à la limite de l’inexpressivité, Shuji se comporte avec elle comme avec n’importe-quelle autre femme valide. Il ne nie pas son handicap, mais le remet à sa place, autrement dit loin, très loin, derrière tout ce qui fait de Kyoko une femme qui l’attire et qu’il va aimer profondément. Et celle-ci a tellement envie d’y croire, tellement peur d’y croire…
Je ne crois pas que cette question du handicap suffisait en elle-même à apporter un tel succès à ce drama, mais, tout à la fois centrale et diffuse, elle a donné une intensité et une véracité uniques aux sentiments qui unissent Kyoko et Shuji. Là se crée la différence entre Beautiful Life et ses séries-sœurs. Entre la finesse de l’évocation du thème du handicap, la romance des personnages principaux, la légèreté de certaines scènes, la gravité et l’impact émotionnel de certaines autres, un parfait équilibre est atteint. Egalement porté par d’excellents acteurs, Beautiful Life s’avère ainsi être un drame sentimental à nul autre pareil.
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Beautiful Life est tout à la fois une simple romance et bien plus. Au thème, désormais mille fois traité, de l’amour par delà les différences, s’ajoute celui, plus original, du handicap. Et il faut bien s’incliner devant la façon magistrale dont le sujet a été abordé. Je suis resté pantois devant la compréhension intime de la scénariste (Kitagawa Eriko) s’agissant du rapport de la personne handicapée à sa maladie et surtout aux autres.
Kyoko (Tokiwa Takako) est cette femme en fauteuil roulant, vivante, courageuse, et pourtant si pleine d’appréhensions : comment croire en l’amour quand on se sent soi-même si faible, si différente, si anormale ? Car le quotidien renvoie sans cesse à Kyoko cette image d’anormalité : impossibilité de rentrer dans certaines boutiques à cause des marches, dans les restaurants à cause du manque d’espace pour faire passer un fauteuil roulant, taxi refusant de s’arrêter la prendre en charge, craintes de la fiancée de son frère de devoir supporter la charge future d’une handicapée, etc. L’inadaptation de nos sociétés censément modernes aux personnes à mobilité réduite est montrée de façon criante quoique sans ostentation. Kyoko veut vivre comme tout un chacun - travailler, voyager… - mais son courage ne masque pas ses doutes. Quand Shuji (Kimura Takuya) passe du temps avec elle, est-ce par pitié ? Quand il la prend pour modèle, est-ce pour marquer les esprits en se faisant photographier avec une handicapée ? Quelle chance a-t-elle de plaire à un homme brillant, aimé, admiré ? Quel futur pour elle, pour eux ? Kyoko se voit naturellement toujours elle-même d’abord au travers de son handicap. Et c’est là qu’est tout le « combat » mené par Shuji : bien avant d’être une personne handicapée, il montre à Kyoko qu’elle est une femme, une femme ayant droit aux mêmes sentiments, aux mêmes bonheurs, aux mêmes envies que tout un chacun. Bourru, réservé à la limite de l’inexpressivité, Shuji se comporte avec elle comme avec n’importe-quelle autre femme valide. Il ne nie pas son handicap, mais le remet à sa place, autrement dit loin, très loin, derrière tout ce qui fait de Kyoko une femme qui l’attire et qu’il va aimer profondément. Et celle-ci a tellement envie d’y croire, tellement peur d’y croire…
Je ne crois pas que cette question du handicap suffisait en elle-même à apporter un tel succès à ce drama, mais, tout à la fois centrale et diffuse, elle a donné une intensité et une véracité uniques aux sentiments qui unissent Kyoko et Shuji. Là se crée la différence entre Beautiful Life et ses séries-sœurs. Entre la finesse de l’évocation du thème du handicap, la romance des personnages principaux, la légèreté de certaines scènes, la gravité et l’impact émotionnel de certaines autres, un parfait équilibre est atteint. Egalement porté par d’excellents acteurs, Beautiful Life s’avère ainsi être un drame sentimental à nul autre pareil.
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