Petit intermède dans le récit de mes pérégrinations au Japon. Ayant récemment raconté mes aventures dans un ryokan, je pense que l'occasion est bonne pour parler d'Egao no Hosoku, un drama se déroulant justement dans l'un de ces établissements typiques.
A dire vrai, j'avais retenu cette série dans ma sélection du fait de son duo d'acteurs principaux, id est Abe Hiroshi et Takeuchi Yuko. L'un, Sakurai Reijiro, joue le rôle d'un mangaka en mal d'inspiration et cherchant un lieu isolé pour retrouver verve et concentration. L'autre, Kurasawa Yumi, devient, par un complet hasard, son assistante personnelle. Les deux se retrouvent donc dans une auberge traditionnelle, à l'écart de l'agitation tokyoïte. Du moins, telle est l'idée originelle, finalement très perturbée par l'énergie débordante de Yumi. Ce personnage survolté et pas très mature se heurte d'ailleurs rapidement à la très conservatrice Yuzuhara Misako (Nogiwa Yoko), maîtresse des lieux à la poigne d'acier, qui goûte assez peu toute cette exubérance. On la comprend d'autant mieux que ladite Yumi se révèle aussi maladroite qu'intrusive, n'hésitant pas à se mêler des affaires de tous même si c'est avec les meilleures intentions du monde. Les heurts constants et plus ou moins mouchetés entre ces deux pôles de la femme japonaise, l'une spontanée mais garçon manqué, l'autre tout en contrôle et parfaite figure de la tradition, constituent le principal intérêt d'Egao no Hosoku. Naturellement, l'idée consiste à voir les avantages et les inconvénients de l'une et l'autre posture et d'accompagner les personnages dans leur évolution mutuelle au contact de leur opposée.
Le rôle de l'électrique Yumi est assurément fait pour Takeuchi Yuko (Mukodono!, Lunch no Joou, Pride, Bara no nai Hanaya...), qui n'est jamais aussi à l'aise que lorsqu'elle doit balader à tout bout de champ son grand sourire, enchaîner les mimiques faciales, et faire preuve d'une énergie démonstrative. Abe Hiroshi, dont la filmographie est trop longue pour être citée, joue un personnage moins original, plus discret mais plutôt sympathique, et se contente de laisser son naturel et son charisme jouer pour lui. Enfin, Nogiwa Yoko incarne avec perfection cette maîtresse-femme, solidement attachée à la tradition, et parangon de la Japonaise d'antan dont elle porte le kimono, parle la langue et, en somme, adopte toutes les valeurs. En lien direct avec ce personnage, on notera que, comme d'habitude, le sacrifice de sa vie personnelle et de celle de ses employés, au profit du travail, demeure une valeur indiscutée sur le petit écran nippon: que désirer de plus dans la vie que la satisfaction de sa clientèle?...
Suit derrière ce trio de tête toute une galerie de seconds rôles qui seraient sympathiques si la série ne souffrait d'un grave défaut: le surjeu. Il ne s'agit pas ici de touches humoristiques parsemant le drama, mais d'une constante qui finit par ruiner toute possibilité du téléspectateur de s'abandonner à l'histoire ou de s'attacher aux protagonistes. Seule exception, le personnage de Kazuya (Nishijima Hidetoshi), absolument navrant d''inexpressivité. L'excès en toute chose étant mauvais, la limite du supportable s'avère allègrement franchie par la ribambelle hystérique portée à l'écran et finit par lasser, d'autant plus que le scenario, qui propose une suite d'historiettes pratiquement distinctes les unes des autres, n'offre ni surprise, ni rebond. Bref, après avoir apprécié le décor des lieux, compris la leçon de la série et eu le plaisir de retrouver quelques têtes connues, voire de côtoyer le quotidien d'un mangaka pour les aficionados, l'ensemble ne prenant pas beaucoup de temps, on s'ennuie et on attend avec impatience la fin d'un drama en douze épisodes qui s'achève à bout de souffle.
Même en prenant en considération le fait que j'ai eu sous les yeux une version de qualité très médiocre avec également des sous-titres mal synchronisés, je ne peux que porter un regard dubitatif sur Egao no Hosoku. Certes, on relève quelques points positifs quant à cette rencontre, mi-drolatique, mi-explosive, entre tradition et modernité, mais le surjeu, la linéarité et la désespérante longueur de ce drama finissent par détruire tout l'intérêt du séjour.
---
4 : The question is: for how many episodes will YOU be able to stand it?
Official Site
Egao no Hosoku on drama-wiki
Egao no Hosoku with English subs
Affichage des articles dont le libellé est Takeuchi Yuko. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Takeuchi Yuko. Afficher tous les articles
lundi 11 juin 2012
mercredi 27 janvier 2010
Bara no nai Hanaya
La simple compréhension du titre de cette série donnera aux japanophones une longueur d'avance pour comprendre que le thème de ce drama ne porte pas sur les violences exacerbées en milieu urbain. Quoique? Les séries à l'eau de rose, sans mauvais jeu de mots, reposent souvent sur des personnages portant en eux leur lot de souffrances.
En l'occurence, Bara no nai Hanaya nous propose de suivre l'histoire d'un père et de sa fille vivant modestement du commerce de fleurs. La rencontre du premier, Shiomi Eiji (Katori Shingo), avec une ravissante aveugle, Shirato Mio (Takeuchi Yuko) , constitue l'amorce d'une réaction en chaine où l'amour, l'amitié et l'affection s'opposent à la mécanique implacable d'une terrible machination. Exprimé ainsi, les allergiques aux éditions Harlequin fuiront sans pousser plus loin leur intérêt. Et ils auront tort. Car ce drama ne manque pas de qualités, à commencer par son ambiance apaisante, presque bucolique, servant de décor aux nombreux rebondissements qui empêchent la série de se traîner sur un rythme désespérant. A noter en effet que, malgré une trame dont les éléments semblent des plus banals, le scénario en lui-même a étonnamment bien accroché le téléspectateur peu amateur de romance que je suis. L'essentiel, cependant, repose avant tout sur la richesse d'un casting de grande qualité.
En l'occurence, Bara no nai Hanaya nous propose de suivre l'histoire d'un père et de sa fille vivant modestement du commerce de fleurs. La rencontre du premier, Shiomi Eiji (Katori Shingo), avec une ravissante aveugle, Shirato Mio (Takeuchi Yuko) , constitue l'amorce d'une réaction en chaine où l'amour, l'amitié et l'affection s'opposent à la mécanique implacable d'une terrible machination. Exprimé ainsi, les allergiques aux éditions Harlequin fuiront sans pousser plus loin leur intérêt. Et ils auront tort. Car ce drama ne manque pas de qualités, à commencer par son ambiance apaisante, presque bucolique, servant de décor aux nombreux rebondissements qui empêchent la série de se traîner sur un rythme désespérant. A noter en effet que, malgré une trame dont les éléments semblent des plus banals, le scénario en lui-même a étonnamment bien accroché le téléspectateur peu amateur de romance que je suis. L'essentiel, cependant, repose avant tout sur la richesse d'un casting de grande qualité.
A tout seigneur, tout honneur, le fleuriste interprété par Katori Shingo, sans doute pas le meilleur acteur des SMAP mais tête d'affiche de cette série, mérite qu'on s'y attarde. Shiomi Eiji représente l'exemple-type d'un personnage introverti au cœur généreux. Trop introverti et trop généreux en fait, au point que son désintéressement, son sens de la culpabilité et son don de soi remettraient quasiment en cause sa crédibilité. Existe-il vraiment de par ce monde des êtres aussi désintéressés, empathiques, généreux, capables de subir les pires coups et avanies sans jamais se rebeller? Cet excès dans la gentillesse finirait presque par passer pour une passivité face au destin, certes apparemment plus prégnante dans les sociétés asiatiques qu'occidentales, mais propre à exaspérer le téléspectateur. On s'attendrait presque à voir "O Hanaya-san" finir cloué sur une croix plantée sur le mont Fuji. Takeuchi Yuko (vu notamment dans Pride), pour sa part, réalise une prestation de très haute volée dans la peau d'un personnage aux multiples facettes. La fragilité de sa condition d'aveugle est particulièrement perceptible, mais son rôle déborde heureusement de ce cadre pour offrir une panoplie plus complète à son caractère. Toute une galerie de personnages secondaires fort bien joués vient enrichir l'univers de cette série, de la jolie maîtresse d'école (Shaku Yumiko) au jeune dilettante (Matsuda Shota), en passant par un père torturé (Miura Tomokazu) et une grand-mère de substitution (Ikeuchi Junko), sans oublier l'ami fidèle et de bon conseil (Terajima Susumu). A leurs mesures, tous sont touchants dans l'expression de leurs sentiments, ceux-ci s'exprimant notamment en réaction et à l'aune des actes du personnage principal.
Et puis, il y a Yagi Yuki au sujet de laquelle je me permets de soumettre la théorie suivante. Un jour, les scientifiques japonais ont réussi à synthétiser le concept, désormais répandu jusqu'en Occident, du "Kawaii" et à lui donner chair. Le fruit de leurs expériences s'appelle Yagi Yuki, l'arme absolue de la mignonitude. J'ai beau être relativement indifférent à la gagatisation qui frappe les personnes de ma génération vis-à-vis des enfants, je dois avouer qu'il est difficile de ne pas fondre devant la petite Shizuku, d'autant plus que les scénaristes ont pris le soin d'en faire un personnage doté d'un vrai caractère et apportant une réelle valeur ajoutée à la série.
Au final, comment juger Bara no nai Hanaya, entre un scénario prenant mais peu crédible et un casting talentueux mais conduit par une figure christique peu vraisemblable? Pour résoudre cette contradiction, je crois qu'il faut redonner à cette série son caractère de fiction. Il s'agit ni plus ni moins que d'une fable, destinée à nous toucher, ce pour quoi ce drama est parfaitement armé, voire à nous faire réfléchir. Sur ce dernier point, les coups du sort et les choix subséquents de Shiomi Eiji nous mettent en effet face à nous-mêmes, à nos petites lâchetés et renoncements, à ces demi-vérités que nous nous racontons parfois sur nous-mêmes. Bien sûr que nous ne sommes pas aussi bons, purs et généreux que lui! Le serions-nous que ce monde-ci ne nous épargnerait pas. Alors nous nous protégeons en gardant nos cœurs à distance: ne prenons pas le risque de souffrir! Pourtant - qui sait? - si nous avions un tout petit peu moins peur des épines... Peut-être que?
7/10 : At least worth checking out.
---
7/10 : At least worth checking out.
Libellés :
JDrama,
Katori Shingo,
Matsuda Shota,
Takeuchi Yuko
vendredi 21 août 2009
Pride
Avant de m’attaquer à la critique de cette série, je me dois de faire un aveu : je suis fan de Kimura Takuya. Certains lui reprocheront de jouer toujours sur la même fibre, celle du beau gosse dur mais sensible, mystérieux, pudique, généreux, fidèle en amour comme en amitié, bref l’homme idéal, ce qui ne pourra démontrer qu’une chose : leur ignorance de sa filmographie. Pour autant, s’agissant de Pride, il est évident qu’on a affaire à un KimuTaku tel que fantasmé par ses adorateurs comme par ses contradicteurs.
Satonaka Halu (Kimura Takuya) est le capitaine et la star de son équipe de hockey sur glace, fervent disciple de son entraîneur, Anzai (Tokito Saburo), et adulé par ses coéquipiers. Anzai a dédié sa vie à son joueur-vedette mais se meurt d’une maladie incurable. Ses derniers mots sont pour encourager Halu à se concentrer uniquement sur sa carrière en devenir, quitte à mettre de côté tout ce qui pourrait l’en distraire et notamment les questions sentimentales.
Murase Aki (Takeuchi Yuko) est une jolie office lady, aux valeurs résolument traditionnalistes, attendant patiemment depuis deux ans des nouvelles de son fiancé parti au Canada. L’idéal pour un Halu solitaire qui convainc la jeune femme de nouer un étrange pacte : ils « sortiront » ensemble jusqu’à ce que l’un ou l’autre ne décide d’y mettre un terme, du fait des retrouvailles de l’une avec son amour disparu ou du départ de l’autre pour la Ligue nord-américaine de hockey. Evidemment, un tel synopsis n’a rien de particulièrement affriolant, surtout quand on est allergique aux mélos.
Satonaka Halu (Kimura Takuya) est le capitaine et la star de son équipe de hockey sur glace, fervent disciple de son entraîneur, Anzai (Tokito Saburo), et adulé par ses coéquipiers. Anzai a dédié sa vie à son joueur-vedette mais se meurt d’une maladie incurable. Ses derniers mots sont pour encourager Halu à se concentrer uniquement sur sa carrière en devenir, quitte à mettre de côté tout ce qui pourrait l’en distraire et notamment les questions sentimentales.
Murase Aki (Takeuchi Yuko) est une jolie office lady, aux valeurs résolument traditionnalistes, attendant patiemment depuis deux ans des nouvelles de son fiancé parti au Canada. L’idéal pour un Halu solitaire qui convainc la jeune femme de nouer un étrange pacte : ils « sortiront » ensemble jusqu’à ce que l’un ou l’autre ne décide d’y mettre un terme, du fait des retrouvailles de l’une avec son amour disparu ou du départ de l’autre pour la Ligue nord-américaine de hockey. Evidemment, un tel synopsis n’a rien de particulièrement affriolant, surtout quand on est allergique aux mélos.Pour autant, Pride ne manque pas de qualités. Mes quelques connaissances du milieu sportif ont nécessairement nourri mon intérêt pour la question des sacrifices à consentir lorsqu’on souhaite devenir un sportif professionnel : jusqu’à quel point faut-il renoncer à tout ce qui fait le sel d’une vie pour atteindre ses objectifs ? Quelles sont les responsabilités à assumer lorsqu’on est une star montrée en exemple à ses coéquipiers ? De même, j’ai été sensible aux valeurs véhiculées par les sports collectifs : travail, solidarité, fidélité… Les matchs de hockey en eux-mêmes sont bien rendus et agréables à suivre, même pour un non-fan. Par delà le thème du sport, se pose également une double problématique intéressante : comment construire une relation quand elle est supposée à la base même ne pas être durable, mais aussi comment peut-il être possible de renoncer à celle-ci lorsque l’amour existe vraiment entre les protagonistes ? « On ne badine pas avec l’amour » disait en son temps Alfred de Musset.
Soutenu par un casting efficace quoique très classique, de l’ami fidèle (Sakaguchi Kenji) au comique de service (Sato Ryuta), Pride est un drama qui se suit avec plaisir même si on regrettera un final assez faible. Et puis... il y a Kimura Takuya.
---
7/10 : At least worth checking out.
Official Site
The complete details for Pride on drama-wiki
Pride with English Subs
Libellés :
JDrama,
Kimura Takuya,
Sato Ryuta,
Takeuchi Yuko
Inscription à :
Articles (Atom)




