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jeudi 4 novembre 2010

Tatta Hitotsu no Koi

Loin de leur objectif initial, certaines séries prêtent inévitablement à rire par leur scenario, le jeu des acteurs ou leur réalisation, voire l'ensemble. Tatta Hitotsu no Koi, censé installer Kamenashi Kazuya au firmament des acteurs romantiques, s'impose comme une référence en la matière.

Il est vrai que les romances ne sont pas nécessairement mon genre préféré, mais les précédentes chroniques témoignent, je crois, de mon ouverture à tous les styles tant qu'ils sont bien menés. Il n'en est rien de ce drame fourre-tout qui aligne à chaque épisode les stéréotypes les plus grotesques. En toile de fond, cette série narre la romance, forcément impossible, entre un jeune ouvrier, Kanzaki Hiroto (Kamenashi Kazuya) et l'héritière d'un grand bijoutier, Tsukioka Nao (Ayase Haruka). Le ton est donné dès le premier épisode où Hiroto et Nao tombent de concert dans une piscine, les yeux dans les yeux, la scène nous étant repassée au ralenti et sous tous les angles pendant de longues minutes : « je t'ai regardé, tu m'as regardé, on s'est aimé ». La série démarrait sur les chapeaux de roue !

"Bonjour! C'est ici le casting pour jouer un ouvrier d'un chantier naval?"

Bien évidemment, le jeune homme est orphelin de père, l' entreprise de réparation navale dont il a hérité croule sous les dettes, sa mère est acariâtre et alcoolique et le tableau ne serait pas complet sans un petit frère malade et en chaise roulante. Voir Kame-chan, androgyne et fidèle client des chirurgiens plastiques, jouer un prolétaire en bleu de travail porte déjà un coup brutal à la crédibilité de la série. A l'opposé, son alter ego féminine témoigne d'une innocence, d'une ingénuité et d'une naïveté qui seraient touchantes si elles n'amenaient pas à se poser des questions sur son quotient intellectuel. A ma connaissance, une jeune femme de 20 ans qui, pour son premier rendez-vous, souhaite aller voir des étoiles filantes déguisée en sorcière d'Halloween, c'est inédit, voire un peu flippant. Naturellement, son environnement familial s'oppose vivement à cette relation, ce qui ne va pas sans larmes, bouderies et crises de nerfs.


A chaque épisode son cliché donc. Du côté de Nao, un père qui propose de l'argent à Hiroto pour qu'il cesse de fréquenter sa fille, puis qui arrange des fiançailles avec un de ses subordonnés, le grand frère protecteur prêt à recourir à la violence physique pour éloigner le pauvre soupirant, etc. Du côté d'Hiroto, la palette est également assez riche : des employés qui partent avec la caisse, des scènes d'humiliation pour conserver des clients intraitables, une mère indigne qui va quémander de l'argent à la famille de Nao en échange d'une réputation protégée et, bien sur, d'anciens amis d'Hiroto qui envisagent le kidnapping de sa belle contre forte rançon. J'oubliais : le petit frère malade souffrira d'une violente rechute. Quelle malchance ! S'il manque un élément à cette liste, blâmez ma mémoire et rassurez-vous, il figure nécessairement dans Tatta Hitotsu no Koi. Seule la fin possède une petite once d'originalité qui, ajoutée à mes fous rires incrédules, évite à ce drama un zéro pointé.

On se demande comment Kitagawa Eriko, auteur de drames romantiques aussi justes et touchants que Long Vacation, Beautiful Life, Sora Kara Furu Ichioku no Hoshi ou Orange Days, a pu se manquer à ce point en se contentant d'empiler grossièrement les lieux communs des romans à l'eau de rose. Les amateurs de guimauve apprécieront peut-être, les autres se contenteront d'en rire ou de s'enfuir.


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3/10 : Try it if you’re a masochist.



Official Site
The complete details for Tatta Hitotsu no Koi on drama-wiki
Tatta Hitotsu no Koi with English Subs

mardi 21 avril 2009

Sekai no Chuushin de, Ai wo Sakebu


Parmi les différents genres coexistant au sein des dramas, la catégorie des drames humains occupe une place considérable et propose régulièrement aux amateurs des séries de bonne facture. Adaptation d’un roman écoulé à plus de 3 millions d’exemplaires, Sekai no Chuushin de, Ai wo Sakebu en constitue un parfait exemple.

En 2004, Saku survit avec la mémoire du décès d’Aki, adolescente dont il était amoureux et emportée par une leucémie 17 ans plus tôt. Au fil des épisodes, ses souvenirs vont nous conduire à revivre avec lui et ses proches la terrible agonie vécue par la jeune fille. Loin de chercher à simplement nous apitoyer via un pathos larmoyant, ce drama évite l’écueil du voyeurisme et fait preuve d’une réelle finesse dans le traitement de ses personnages. Entre incompréhension, courage, espoir et sentiment d'injustice, Ayase Haruka (Aki) s'avère convaincante dans le rôle de cette jeune fille qui, face à la maladie, ne sait plus si elle doit se battre ou abandonner. On ne pourra manquer le caractère saisissant de sa transformation physique, de l’adolescente banale à la créature malade des derniers épisodes. Tezuka Satomi et Miura Tomokazu offrent également une prestation remarquée dans ce rôle de parents impuissants à soulager la douleur physique et morale de leur fille. De façon générale, les seconds rôles livrent une prestation convaincante, apportant une réelle crédibilité à l’ensemble de cette histoire qui se joue non seulement dans le passé, mais aussi dans le présent.


Un présent qui pose la question de la mémoire et du poids du chagrin. Saku (Ogata Naoto) est littéralement torturé par le souvenir d’Aki, au point que ses larmes ne semblent plus être versées pour elle, mais pour lui-même, incapable qu’il est de vivre le moindre jour sans revivre l’agonie de son amour perdu. Entre l’envie de vivre enfin et celle de garder intacte la mémoire d’Aki, Saku est un être dont la souffrance intemporelle ne peut que nous toucher. Si l’oubli représente sans doute le meilleur des remèdes aux traumatismes des êtres, il n’en est pas moins parfois une potion bien amère.

Le seul bémol aurait pu être la prestation de Yamada Takayuki (Saku en 1987), mais, fort heureusement, son habituelle inexpressivité ne s’étend pas aux scènes les plus dramatiques. En conséquence, sous tous ses aspects, Sekai no Chuushin de, Ai wo Sakebu se révèle comme une série, certes mélodramatique par son sujet, mais au ton juste. A voir et à ressentir.

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8/10 : Somehow I really enjoyed that one. Personal fave.