dimanche 15 juillet 2012
Mayonaka no Ame
Depuis le mois de mai et mon retour du Japon, il a été essentiellement question sur ces pages de mon séjour dans l'archipel nippon. On en finirait presque par oublier que ce blog a originellement été créé pour chroniquer des dramas et je me propose donc de faire un petit intermède dans le récit de mes pérégrinations pour effectuer un retour aux sources.
Mayonaka no Ame fait partie de ces dramas rencontrés un peu par hasard en croisant des informations diverses: noms connus, récompenses et autres. Par ailleurs, je n'avais encore jamais trop tenté de regarder une de ces séries dites "médicales" et l'occasion m'apparut donc bonne de m'y mettre. Cela étant, les aspects famille et policier occupant une part au moins aussi importante dans l'intrigue générale de la série, je ne tirerai pas de l'expérience des leçons définitives quant aux dramas se déroulant dans l'univers hospitalier.
Pour en venir au synopsis de Mayonaka no Ame, Tokura Takashi, un jeune chirurgien émérite est recruté par un hôpital privé appartenant à la famille Izumida. Rapidement, il se trouve mêlé aux luttes politiques qui agitent l'établissement et fait en parallèle la rencontre d'une policière aux prises avec des troubles psychologiques. Comme les Japonais aiment à le faire, passé et présent des différents personnages vont se mêler et s'emmêler pour lever peu à peu le voile sur les actes et les caractères des différents protagonistes. Le véritable attrait du drama réside d'ailleurs dans ce dernier point. Mayonaka no Ame s'avère être une série où les personnages dépassent de loin l'intérêt de l'intrigue. Si celle-ci se révèle d'un niveau honorable, elle ne saurait suffire à retenir l'attention du téléspectateur sans la profondeur accordée à des protagonistes tout en ambiguïté. Le personnage principal, Tokura Takashi, illustre cette volonté de semer le doute tant il est vrai que, rendu à la moitié de la série, on ne sait toujours dire de lui s'il est un vrai ou un faux méchant.
Pour porter ces rôles, il fallait un casting solide et on ne saurait remettre en cause celui-ci. Dans le rôle titre du Dr. Tokura Takashi, Oda Yuji (Tokyo Love Story, Odoru Daisousasen, Last Christmas...) incarne parfaitement ce personnage compétent mais abrupt, parfois antipathique, aux manœuvres troubles et aux ambitions obscures. Au sein de l'hôpital, il se heurte rapidement avec un irascible président, Izumida Keichiro (Nagatsuka Kyozo), et dispute le futur de l'établissement au fils de celui-ci, Izumida Shunsuke, interprété par Abe Hiroshi. Ce dernier joue là un personnage, certes secondaire, mais original car, dénué du machiavélisme de son adversaire et intéressé au premier chef par la survie de l'hôpital familial quitte à devoir avaler quelques couleuvres, il s'extirpe du rôle classique de fils à papa arriviste pour offrir une réplique positive et intègre au sombre Tokura Takashi. Les personnages secondaires gravitant dans l'hôpital autour de ces premiers rôles évitent les fausses notes et on relève notamment la bonne prestation d'Ishiguro Ken (Change, Marks no Yama...) dans le rôle de l'arriviste Ando Hiroshi. A cet univers médical vient se greffer l'inspectrice Misuzawa Yukiko, profondément intriguée par la personnalité du Dr. Tokura dont elle tente de se rapprocher. Son rôle est joué par nulle autre que Matsuyuki Yasuko, qui dévoile ici un charme inattendu de la part de l'actrice marmoréenne de Suna no Utsuwa et Mother.
Quitte à me répéter, c'est assurément cette galerie de personnages qui retient l'attention dans Mayonaka no Ame. Notons également un point positif s'agissant de la forme: fidèle à son titre, la série se déroule essentiellement à des heures nocturnes par temps d'orage, participant ainsi grandement à renforcer son ambiance sombre et pesante. Il faut en effet souligner que les moments de joie et les sourires sont globalement absents de Mayonaka no Ame, en toute cohérence avec le ton général de la série. A contrario, le fonctionnement politique et corrompu du monde hospitalier prend bien quelques claques au passage, mais le sujet demeure accessoire. L'intrigue tient également la route mais sans offrir grand chose de neuf et sachant que les Japonais y succombent, comme trop souvent, à leur goût immodéré pour les coïncidences du destin. En conséquence, une fois faite la somme entre aspects positifs et négatifs, ce drama ne laisse pas de souvenirs véritablement marquants et ne s'impose donc pas comme un incontournable. La série mélange les genres - policier, série médicale, drame familial - sans s'imposer dans aucun. Tout cela est bien maîtrisé mais ne laisse pas de souvenir impérissable, ce qui s'avère un peu décevant au regard de son brillant casting.
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6/10 : That wasn’t too bad, I guess. But never worth a rewatch.
Official Site
The complete details about Mayonaka no Ame on drama-wiki
Mayonaka no Ame with English subs
samedi 14 juillet 2012
Nihon e yokoso (X)
Dix jours. Tel est le temps que j'aurai tenu avant d'être entraîné dans une demi-journée de shopping... J'avais évité la veille les petites boutiques, je n'esquiverai pas la visite des grandes enseignes que sont Muji, Uniqlo et Marui. En attendant l'heure d'ouverture, nous déambulons dans le Namba Park, un immense complexe commercial, aux terrasses arborées, faisant presque oublier qu'on se situe dans le cœur dense et urbain d'Osaka. A cette heure de la mâtinée, seuls les jardiniers et quelques photographes en goguette hantent les lieux et ne suffisent pas à en troubler la sérénité.
Vient donc le moment d'errer dans les travées des magasins. Comme on peut s'y attendre, tout est propre, bien rangé et le personnel nombreux. Une visite dans un Muji suffirait à trouver le nécessaire pour équiper de A à Z un logement, sans compter qu'avec cette recherche effrénée de la satisfaction du client, on trouve beaucoup de petites choses, certes dispensables, mais bien pensées et qu'on imagine fort pratiques. Uniqlo surfe sur la même vague, en proposant quelques modèles mais avec une gamme de tailles et de couleurs suffisamment large pour satisfaire tout le monde. Après un pillage en règle des rayons et, ayant épuisé de mon côté mon intérêt sociologique pour les grandes enseignes nipponnes et leurs clients, nous reprenons le shinkansen (et nos ekiben) direction Hiroshima!
A la gare d'Hiroshima, une charmante personne de l'office du tourisme nous explique comment nous rendre à notre hôtel en tramway. Celle-ci prend soin de nous fournir les explications dans un Japonais lent et bien articulé. Généralement, ces personnels s'attendent à devoir parler anglais avec les touristes occidentaux. Logique. Lorsqu'ils se rendent compte qu'ils peuvent s'exprimer en japonais, le soulagement qu'on lit sur leur visage est assez comique, mais avec pour conséquence de les faire basculer en "mode automatique" et donc débiter à vitesse normale tout un baratin bien huilé, le tout avec toutes les formulations honorifiques qui vont bien. Voilà qui n'est pas forcément facile à suivre. Bref, fin de la parenthèse et, après avoir déposé nos bagages à l'hôtel, nous sommes partis pour l'inévitable parc du mémorial de la paix.
En sus du musée, ledit parc propose des dizaines de monuments dédiés tant à la paix qu'à la mémoire des victimes de la guerre en général, de la bombe atomique en particulier. De nombreux collégiens se pressent sur le site, notamment devant le monument des enfants où sont suspendus des milliers de grues en papier. En plus des "Haro! Haro!" (hello) que nous lancent les gamins des classes que nous croisons, nous sommes interpelés par une petite bonne femme rondouillarde et riante, bientôt rejointe par une comparse. Après quelques questions basiques sur notre provenance et notre visite du Japon, vient la grande interrogation: "do you like peace"? C'est une question du concours Miss France ça, non? J'ai envie de répondre que je suis pour la mort, le meurtre et la destruction, mais nous sommes au Japon, le pays de la courtoisie, donc je garde mon humour pour moi. Après quelques minutes de bavardage embarrassé sur Dieu, la foi, la paix, nous arrivons à nous esquiver poliment, non sans s'être vus remettre quelques prospectus et extraits de la Bible. Conclusion: même en traversant la moitié du globe, on n'échappe pas aux prêches des témoins de Jéhovah...
Monument emblématique d'Hiroshima, le Gembaku Dome témoigne par sa seule présence de ce jour d'août 1945 où fut utilisée pour la première fois une bombe atomique à l'encontre d'êtres humains. Construit en béton dans les années 1910, ce bâtiment, situé à seulement 600m du lieu de l'explosion (celle-ci ayant eu lieu à environ 150m du sol), fut l'un des rares à ne pas être purement et simplement vaporisés par l'explosion, contrairement aux centaines de maisons en bois. Conservé tel quel, ses cicatrices ne peuvent que laisser une impression durable à ses visiteurs.
La nuit vient et, armés d'un guide peu explicite, nous tentons de rejoindre un restaurant recommandé pour sa spécialité locale: l'okonomiyaki. Nous nous heurtons de plein fouet à la signalétique nébuleuse des rues japonaises. Après de longues déambulations, découragés et affamés, nous voyons une petite enseigne lumineuse indiquant, en retrait de la route, un restaurant spécialisé en okonomiyaki. Qu'à cela ne tienne, essayons et espérons qu'il fera l'affaire. Après tout, l'obsession des Japonais pour le fraîcheur et l'hygiène, ainsi que leur gourmandise, assurent que, quel que soit l'endroit où on se rend à dîner, le résultat sera toujours, au pire correct, généralement très bon. Nous entrons dans une toute petite salle où on a tout juste la place de s'assoir sur des chaises hautes autour d'une grande plaque de cuisson faisant office de comptoir. Le patron, un trentenaire souriant et amical, s'offre de préparer devant nous deux okonomiyaki d'Hiroshima, un standard et un spécial. Sirotant nos bières, nous le regardons préparer avec dextérité la spécialité locale: le résultat est succulent! L'échoppe est minuscule, mais tout est propre, pimpant, les aliments sont frais... Je me dis à cet instant: "voilà le Japon comme j'avais envie de le vivre"! Un restaurant d'habitués, un patron qui met à l'aise, une musique lounge, une bière fraîche, un plat local sain et excellent... tout le nécessaire pour un délicieux moment de détente, chaleureux et confortable. Et ainsi, au milieu de toutes les merveilles vues lors de ce séjour au Japon, je garderai une place particulière dans mes souvenirs pour cet intermède au Nagiya.
Vient donc le moment d'errer dans les travées des magasins. Comme on peut s'y attendre, tout est propre, bien rangé et le personnel nombreux. Une visite dans un Muji suffirait à trouver le nécessaire pour équiper de A à Z un logement, sans compter qu'avec cette recherche effrénée de la satisfaction du client, on trouve beaucoup de petites choses, certes dispensables, mais bien pensées et qu'on imagine fort pratiques. Uniqlo surfe sur la même vague, en proposant quelques modèles mais avec une gamme de tailles et de couleurs suffisamment large pour satisfaire tout le monde. Après un pillage en règle des rayons et, ayant épuisé de mon côté mon intérêt sociologique pour les grandes enseignes nipponnes et leurs clients, nous reprenons le shinkansen (et nos ekiben) direction Hiroshima!
A la gare d'Hiroshima, une charmante personne de l'office du tourisme nous explique comment nous rendre à notre hôtel en tramway. Celle-ci prend soin de nous fournir les explications dans un Japonais lent et bien articulé. Généralement, ces personnels s'attendent à devoir parler anglais avec les touristes occidentaux. Logique. Lorsqu'ils se rendent compte qu'ils peuvent s'exprimer en japonais, le soulagement qu'on lit sur leur visage est assez comique, mais avec pour conséquence de les faire basculer en "mode automatique" et donc débiter à vitesse normale tout un baratin bien huilé, le tout avec toutes les formulations honorifiques qui vont bien. Voilà qui n'est pas forcément facile à suivre. Bref, fin de la parenthèse et, après avoir déposé nos bagages à l'hôtel, nous sommes partis pour l'inévitable parc du mémorial de la paix.
En sus du musée, ledit parc propose des dizaines de monuments dédiés tant à la paix qu'à la mémoire des victimes de la guerre en général, de la bombe atomique en particulier. De nombreux collégiens se pressent sur le site, notamment devant le monument des enfants où sont suspendus des milliers de grues en papier. En plus des "Haro! Haro!" (hello) que nous lancent les gamins des classes que nous croisons, nous sommes interpelés par une petite bonne femme rondouillarde et riante, bientôt rejointe par une comparse. Après quelques questions basiques sur notre provenance et notre visite du Japon, vient la grande interrogation: "do you like peace"? C'est une question du concours Miss France ça, non? J'ai envie de répondre que je suis pour la mort, le meurtre et la destruction, mais nous sommes au Japon, le pays de la courtoisie, donc je garde mon humour pour moi. Après quelques minutes de bavardage embarrassé sur Dieu, la foi, la paix, nous arrivons à nous esquiver poliment, non sans s'être vus remettre quelques prospectus et extraits de la Bible. Conclusion: même en traversant la moitié du globe, on n'échappe pas aux prêches des témoins de Jéhovah...
Monument emblématique d'Hiroshima, le Gembaku Dome témoigne par sa seule présence de ce jour d'août 1945 où fut utilisée pour la première fois une bombe atomique à l'encontre d'êtres humains. Construit en béton dans les années 1910, ce bâtiment, situé à seulement 600m du lieu de l'explosion (celle-ci ayant eu lieu à environ 150m du sol), fut l'un des rares à ne pas être purement et simplement vaporisés par l'explosion, contrairement aux centaines de maisons en bois. Conservé tel quel, ses cicatrices ne peuvent que laisser une impression durable à ses visiteurs.
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| A la verticale précise du point d'explosion de la bombe. |
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| (Cliquez sur cette légende pour un lien Google Map) |
mercredi 11 juillet 2012
The Great Happiness Space
Parlant d'Osaka et de ses hosts, l'occasion me semble propice pour évoquer le documentaire The Great Happiness Space, une plongée au cœur de l'industrie des bars à hôtes. Parmi la centaine existant à Osaka, le reportage (datant de 2006) se concentre plus spécifiquement sur l'un de ceux censés être les plus populaires, le Rakkyo, et sur son patron, le charismatique Issei.
D'une description d'un monde de la nuit fêtard et candide, où de jeunes hôtes sophistiqués distraient des jeunes femmes aux poches pleines, on découvre petit à petit l'envers du décor et la triste, voire poignante, réalité cachée par cette recherche effrénée du plaisir. Face à la caméra, Issei et ses collaborateurs décrivent ainsi en détails le troc réalisé entre leurs clientes et eux. En échange de leurs économies, celles-ci achètent quelques heures durant lesquelles de beaux et jeunes mâles vont s'évertuer à les séduire, à les divertir, à écouter leurs confidences, à les traiter en princesses... et à leur soutirer un maximum d'argent. Le mécanisme commercial - notamment l'assimilation de l'affection d'une femme pour son host aux sommes qu'elle dépense ou la concurrence stimulée entre les clientes - est clairement décrypté. Clientes et hosts ne semblent d'ailleurs pas dupes de l'imposture plus ou moins grande des sentiments, mais s'abandonnent au plaisir de ce jeu de rôles. En ces lieux, l'excès règne en maître: il faut jouir de chaque seconde chèrement payée.
Pour le téléspectateur, à cet instant du reportage, les sentiments balanceront surement entre la compréhension des vertus cathartiques de ces nuits folles et une interrogation sur le manque affectif de ces femmes. L'homme japonais n'est pas réputé pour son romantisme - hormis dans les dramas, ce qui expliqueraient d'ailleurs leur succès - et, de ce qu'on nous donne à en voir, l'image de la Japonaise est plus souvent associée à celle de la discrète intendante que de la princesse à son balcon. Il aurait d'ailleurs été pertinent que le reportage situe cette industrie des sentiments falsifiés dans le contexte plus général des rapports hommes-femmes au Japon. La caméra concentrée sur le spectaculaire de son sujet, l'absence d'une mise en perspective me semble problématique pour qui ne s'est pas documenté par ailleurs sur ce thème.
Peu à peu, un certain malaise gagne tant la frontière semble floue entre sentiments fictifs et réels. Monnayer l'amour ne va pas sans risques: certaines clientes voudraient tellement voir le rêve de quelques heures devenir réalité; les hosts eux-mêmes éprouvent parfois des remords sur les conséquences de leurs constants mensonges, d'autant plus quand ils ont conscience des extrémités auxquelles recourent certaines de leurs clientes pour se payer leurs faveurs. C'est d'ailleurs là que réside le grand tournant de ce reportage, avec la découverte des activités des femmes ayant accepté de témoigner face à la caméra.
Dans mon cas, le malaise a alors laissé place à la tristesse. Quel paradoxe que le titre de ce documentaire! Bien évidemment, il faut garder à l'esprit que le reportage s'est probablement focalisé sur des cas spectaculaires ou que seules ont accepté de témoigner des femmes moins "ordinaires" que les clientes de passage. Se dévoile cependant tout un cercle vicieux au sein de cette société parallèle, livrant la clé d'un drame profondément humain et donc touchant. Plus que les excès dévoilés - notamment sur l'alcool, les sommes dépensées, etc. - plus que l'affection monnayée comme un vulgaire service, plus encore que le sexe tarifé, c'est l'humanité brisée de ces clientes qui marquera la mémoire des spectateurs de The Great Happiness Space avec une émotion teintée d'amertume.
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Official Site
The Great Happiness Space with English subs
lundi 9 juillet 2012
Nihon e yokoso (IX)
Panique à bord! Le porte-feuille est vide et les distributeurs refusent nos cartes Visa! Après de longues minutes d'angoisse, la situation finit par se résoudre: d'abord en tentant notre chance à un ATM de la poste japonaise, ensuite en ne dépassant pas le plafond de retrait à l'étranger fixé pas nos banques respectives... Oui, bon, certains détails, plus que d'autres, ont tendance à ne pas bien rester en mémoire. Rien de tel qu'une petite marche pour se remettre de ses émotions. Direction le Sanjusangen-do où se trouve la plus impressionnante des armées: un millier de Kannon aux mille bras armés, emmenées par 28 généraux divins. Malheureusement, je ne pourrai prendre qu'une simple photo extérieure du vaste bâtiment abritant cet impressionnant régiment.
Histoire de changer des temples, nous nous dirigeons vers le Nijo-jo, le château des shoguns Tokugawa. Avant cela nous passons par l'un de ces ticket-restaurants où des ouvriers et des OL viennent prendre leur pause déjeuner. Quelques pièces dans une machine où on sélectionne le plateau-repas de son choix, et une serveuse nous sert un rapide curry et un hamburger. Étonnant comme, même dans ces enseignes bas de gamme, tout semble propre et la nourriture tout à fait correcte. Fin de la parenthèse culinaire et direction le château. Alors que nous franchissons les douves, nous voyons des dizaines d'énormes carpes se presser en masse compacte au bord du pont. Le style ne laisse pas de doute quant à la fonction des lieux. En sus des épaisses murailles de pierre entourant le site, les jardins eux-mêmes sont d'un style très épuré et minéral: seuls quelques arbres et bosquets égayent les lieux. Manque de chance, l'entrée intérieure est en travaux de réhabilitation. A l'intérieur, pour admirer les différentes salles de l'édifice, magnifiquement peintes, nous déambulons sur le plancher-rossignol. A chacun de nos pas, celui-ci signale par une étrange stridulation la présence des intrus. Petit à petit, nous nous rapprochons ainsi du cœur du pouvoir et donc des appartements du Shogun. Les lieux renvoient parfaitement l'impression de puissance désirée par les dirigeants du Japon et imprègnent le visiteur de l'esprit du bakufu.
Repassant au pied de la Kyoto Tower - on dirait que chaque grande ville tient à avoir la sienne - et par l'impressionnante et futuriste gare de Kyoto, nous prenons le train pour Osaka.
Une fois nos affaires posées, je résiste à l'envie de commander un massage des pieds et nous quittons l'hôtel, situé aux portes du quartier commerçant de Namba, pour nous balader dans l'électrique Dotonbori, la plus vivante et étonnante artère d'Osaka. Les écrans et les néons éclairent violemment la foule branchée qui se presse dans le quartier. Écrans géants et enceintes crachant de la musique, appels des marchands devant leurs magasins, cris de jeunes éméchés, la nuit se révèle plus vivante que le jour! Au milieu de la foule, des dizaines d'hosts, costume noir, chaussures brillantes, coiffure hyper-sophistiquée, tente d'alpaguer les Japonaises qui traversent le pont surplombant le canal. Après m'être brulé la bouche au 3ème degré (au moins) avec mes takoyaki, je savoure l'apaisante et délicieuse fraîcheur d'un frozen yoghurt. Dehors, la nuit continue de briller de mille feux...
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| "Attention!!" ie. le terme le plus employé du Japon. Tout et n'importe-quoi est estampillé "abunaï" :) |
Une fois nos affaires posées, je résiste à l'envie de commander un massage des pieds et nous quittons l'hôtel, situé aux portes du quartier commerçant de Namba, pour nous balader dans l'électrique Dotonbori, la plus vivante et étonnante artère d'Osaka. Les écrans et les néons éclairent violemment la foule branchée qui se presse dans le quartier. Écrans géants et enceintes crachant de la musique, appels des marchands devant leurs magasins, cris de jeunes éméchés, la nuit se révèle plus vivante que le jour! Au milieu de la foule, des dizaines d'hosts, costume noir, chaussures brillantes, coiffure hyper-sophistiquée, tente d'alpaguer les Japonaises qui traversent le pont surplombant le canal. Après m'être brulé la bouche au 3ème degré (au moins) avec mes takoyaki, je savoure l'apaisante et délicieuse fraîcheur d'un frozen yoghurt. Dehors, la nuit continue de briller de mille feux...
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