Aussitôt levés, aussitôt repartis. Si Ise est la capitale du shintoïsme, Nara est à coup sur celle du bouddhisme nippon. Il y a donc beaucoup à voir, mais avec l'avantage qu'une grande partie des sites historiques sont intégrés au sein d'un même grand parc dont les arbres nous offrirons une ombre rafraîchissante. En effet, après les seaux d'eau des premiers jours, le soleil brille fort dans un ciel joliment bleuté. Une des particularités de Nara, c'est la présence de milliers de daims déambulant en toute liberté au milieu des routes et des habitants. Absolument pas impressionnés par le flux des touristes, ils attendent d'ailleurs que ceux-ci leur offrent les galettes de riz faites spécialement pour eux et vendues par des marchands ambulants. Même si quelques panneaux préviennent de rester prudents avec ces animaux non-domestiqués, les daims sont si paisibles qu'on peut les caresser et toucher leurs bois sans qu'ils ne daignent même vous jeter un regard. Du moins, tel est le cas pour l'immense majorité de ces animaux, mais nous ne le découvrirons qu'après avoir passé la harde qui se tient à l'entrée du parc. Fini de rire! Car ici se dresse le territoire des "furyo shika", une dizaine de daims défoncés aux sembe qui se pressent en rangs serrés sur les visiteurs du jour! Malheur à celui qui ne distribue pas assez vite ses galettes de riz! Pour avoir versé trop lentement mon tribut à la horde de museaux braqués sur moi, l'un d'eux m'a... mordu les fesses!
C'est donc en frottant mon postérieur légèrement meurtri que je découvre le Tōdai-ji, sanctuaire où se dresse la plus grande statue en bronze du monde du Bouddha, le Daibutsu, elle-même abritée par la plus grande structure en bois de la planète. Je suis naturellement frappé d'un sentiment d'humilité devant la majesté des lieux et la présence imposante (15m de haut pour 500T) du Bouddha, entouré de diverses divinités bouddhiques dont les gardiens Komukuten et Bishamonten, qui remplacent ici les habituels Raijin et Fujin du panthéon shintoïste. Plus terrifiant encore, nous faisons la connaissance de Sentokun, la mascotte flippante de Nara, mélange frankenstanien d'un bonze et d'un daim.
Nous poussons plus loin dans le parc et, sous le couvert des arbres, nous suivons le chemin des 3000 lanternes de pierre qui nous amène vers le seul grand temple shinto de la ville, le Kasuga-taisha. Continuant notre balade, nous passons devant d'autres temples échoués dans la verdure, dont l'un semble définitivement attirer les couples, si on en croit la forme et la quantité de petites plaques de bois où sont inscrits leurs vœux.
Sortant du parc, nous déambulons dans un dédale de petites rues proprettes bordées de maisons et de jardins au style typiquement nippon. On trouve toujours au bord des propriétés des petits objets décoratifs de toute sorte. Nous faisons un crochet par un temple abritant, sous une architecture d'une grande simplicité, les statues des douze généraux divins (qu'on retrouve dans les douze signes du zodiaque chinois). Marchant de nouveau dans ce quartier résidentiel, je suis gagné par la quiétude des lieux, du moins jusqu'à ce que des "keeki! keeki!" s'échappent des lèvres de ces dames alors que nous passons devant un salon de thé dévoilant en vitrine de bien appétissantes pâtisseries. Je dois reconnaître que les artisans japonais ont le don pour proposer des pâtisseries légères, peu sucrées et délicieuses.
En route maintenant pour le Kofuku-ji, où se trouve une galerie abritant un nombre important de trésors nationaux. Naturellement, il est interdit d'en prendre des photos, aussi ne puis-je qu'évoquer en quelques mots le respect admiratif éprouvé devant les antiques Devas, le terrible Ashura ou encore la Kannon aux mille bras.
C'est fou tout ce qu'il y a à voir à Nara! Vite, vite, nous précipitons à la gare pour nous diriger de l'autre côté de la ville et visiter le Horyu-ji, où se trouve une pagode réputé pour être l'un des plus vieux édifices en bois de l'histoire de l'humanité. C'est d'ailleurs difficile à croire tant les lieux sont parfaitement entretenus. Par ailleurs, comme déjà souligné, les Japonais n'hésitent pas à reconstruire à l'identique des bâtiments historiques endommagés - le sanctuaire tout entier semble d'ailleurs en ce moment en pleine reconstruction - et il devient difficile de savoir quels bâtiments sont d'époque et lesquels sont des imitations. Que faut-il en penser? Je laisse ici chacun libre de juger. Sur le moment, je n'ai d'ailleurs guère le loisir de réfléchir à la question, ni d'ailleurs de prendre trop de clichés, car le temps nous manque! C'est finalement au pas de course que nous quittons Nara pour Kyoto!
Ces dames sont en effet attendues pour une séance de relooking total. La salle d'attente bruisse des voix excitées de Japonaises de 20 à 30 ans venues revêtir le temps d'une séance photo le costume des maiko, les apprenties geisha de Kyoto. S'agissant de photos privées, je ne les posterai évidemment pas, mais j'évoquerai cette anecdote. Après une bonne heure d'attente, mon ami japonais et moi sommes invités à retrouver nos chères et tendres respectives pour la séance photo. Suivant docilement mon comparse, je le vois s'adresser à une maiko, certainement pour lui demander l'emplacement de la pièce où nous sommes attendus. Je fouille les environs du regard à la recherche d'un visage connu. Mon ami doit se rendre compte de quelque-chose. Il m'indique la maiko avec laquelle il discute: "C'est ma femme". J'en reste comme deux ronds de flan. Dans la seconde qui suit, une autre maiko sort d'une pièce adjacente. Je m'efface et la laisse passer. J'observe qu'elle me regarde d'un air insistant. En voici une qui a drôlement fait débrider ses yeux. Hey!... mais...!! Fardées de blanc, habillées de somptueux kimonos, ces dames me furent bel et bien méconnaissables au premier regard.
Tout ce joli monde ayant repris la tenue civile, vient le moment de la séparation. Nos amis doivent regagner leurs pénates car la Golden Week s'achève. Séparation temporaire certes, puisque nous devons les retrouver à Tokyo pour les derniers jours de notre séjour, mais séparation un peu émouvante quand même après cette semaine intense de découvertes, d'échanges et de rires partagés. Sans eux, nous n'aurions jamais pu réaliser un séjour aussi riche et notre reconnaissance est la hauteur de l'immense plaisir qu'ils nous ont offert. Maintenant, nous voici seuls: deux occidentaux lâchés au cœur du Japon. Hauts les cœurs!
samedi 16 juin 2012
lundi 11 juin 2012
Egao no Hosoku
Petit intermède dans le récit de mes pérégrinations au Japon. Ayant récemment raconté mes aventures dans un ryokan, je pense que l'occasion est bonne pour parler d'Egao no Hosoku, un drama se déroulant justement dans l'un de ces établissements typiques.
A dire vrai, j'avais retenu cette série dans ma sélection du fait de son duo d'acteurs principaux, id est Abe Hiroshi et Takeuchi Yuko. L'un, Sakurai Reijiro, joue le rôle d'un mangaka en mal d'inspiration et cherchant un lieu isolé pour retrouver verve et concentration. L'autre, Kurasawa Yumi, devient, par un complet hasard, son assistante personnelle. Les deux se retrouvent donc dans une auberge traditionnelle, à l'écart de l'agitation tokyoïte. Du moins, telle est l'idée originelle, finalement très perturbée par l'énergie débordante de Yumi. Ce personnage survolté et pas très mature se heurte d'ailleurs rapidement à la très conservatrice Yuzuhara Misako (Nogiwa Yoko), maîtresse des lieux à la poigne d'acier, qui goûte assez peu toute cette exubérance. On la comprend d'autant mieux que ladite Yumi se révèle aussi maladroite qu'intrusive, n'hésitant pas à se mêler des affaires de tous même si c'est avec les meilleures intentions du monde. Les heurts constants et plus ou moins mouchetés entre ces deux pôles de la femme japonaise, l'une spontanée mais garçon manqué, l'autre tout en contrôle et parfaite figure de la tradition, constituent le principal intérêt d'Egao no Hosoku. Naturellement, l'idée consiste à voir les avantages et les inconvénients de l'une et l'autre posture et d'accompagner les personnages dans leur évolution mutuelle au contact de leur opposée.
Le rôle de l'électrique Yumi est assurément fait pour Takeuchi Yuko (Mukodono!, Lunch no Joou, Pride, Bara no nai Hanaya...), qui n'est jamais aussi à l'aise que lorsqu'elle doit balader à tout bout de champ son grand sourire, enchaîner les mimiques faciales, et faire preuve d'une énergie démonstrative. Abe Hiroshi, dont la filmographie est trop longue pour être citée, joue un personnage moins original, plus discret mais plutôt sympathique, et se contente de laisser son naturel et son charisme jouer pour lui. Enfin, Nogiwa Yoko incarne avec perfection cette maîtresse-femme, solidement attachée à la tradition, et parangon de la Japonaise d'antan dont elle porte le kimono, parle la langue et, en somme, adopte toutes les valeurs. En lien direct avec ce personnage, on notera que, comme d'habitude, le sacrifice de sa vie personnelle et de celle de ses employés, au profit du travail, demeure une valeur indiscutée sur le petit écran nippon: que désirer de plus dans la vie que la satisfaction de sa clientèle?...
Suit derrière ce trio de tête toute une galerie de seconds rôles qui seraient sympathiques si la série ne souffrait d'un grave défaut: le surjeu. Il ne s'agit pas ici de touches humoristiques parsemant le drama, mais d'une constante qui finit par ruiner toute possibilité du téléspectateur de s'abandonner à l'histoire ou de s'attacher aux protagonistes. Seule exception, le personnage de Kazuya (Nishijima Hidetoshi), absolument navrant d''inexpressivité. L'excès en toute chose étant mauvais, la limite du supportable s'avère allègrement franchie par la ribambelle hystérique portée à l'écran et finit par lasser, d'autant plus que le scenario, qui propose une suite d'historiettes pratiquement distinctes les unes des autres, n'offre ni surprise, ni rebond. Bref, après avoir apprécié le décor des lieux, compris la leçon de la série et eu le plaisir de retrouver quelques têtes connues, voire de côtoyer le quotidien d'un mangaka pour les aficionados, l'ensemble ne prenant pas beaucoup de temps, on s'ennuie et on attend avec impatience la fin d'un drama en douze épisodes qui s'achève à bout de souffle.
Même en prenant en considération le fait que j'ai eu sous les yeux une version de qualité très médiocre avec également des sous-titres mal synchronisés, je ne peux que porter un regard dubitatif sur Egao no Hosoku. Certes, on relève quelques points positifs quant à cette rencontre, mi-drolatique, mi-explosive, entre tradition et modernité, mais le surjeu, la linéarité et la désespérante longueur de ce drama finissent par détruire tout l'intérêt du séjour.
---
4 : The question is: for how many episodes will YOU be able to stand it?
Official Site
Egao no Hosoku on drama-wiki
Egao no Hosoku with English subs
A dire vrai, j'avais retenu cette série dans ma sélection du fait de son duo d'acteurs principaux, id est Abe Hiroshi et Takeuchi Yuko. L'un, Sakurai Reijiro, joue le rôle d'un mangaka en mal d'inspiration et cherchant un lieu isolé pour retrouver verve et concentration. L'autre, Kurasawa Yumi, devient, par un complet hasard, son assistante personnelle. Les deux se retrouvent donc dans une auberge traditionnelle, à l'écart de l'agitation tokyoïte. Du moins, telle est l'idée originelle, finalement très perturbée par l'énergie débordante de Yumi. Ce personnage survolté et pas très mature se heurte d'ailleurs rapidement à la très conservatrice Yuzuhara Misako (Nogiwa Yoko), maîtresse des lieux à la poigne d'acier, qui goûte assez peu toute cette exubérance. On la comprend d'autant mieux que ladite Yumi se révèle aussi maladroite qu'intrusive, n'hésitant pas à se mêler des affaires de tous même si c'est avec les meilleures intentions du monde. Les heurts constants et plus ou moins mouchetés entre ces deux pôles de la femme japonaise, l'une spontanée mais garçon manqué, l'autre tout en contrôle et parfaite figure de la tradition, constituent le principal intérêt d'Egao no Hosoku. Naturellement, l'idée consiste à voir les avantages et les inconvénients de l'une et l'autre posture et d'accompagner les personnages dans leur évolution mutuelle au contact de leur opposée.
Le rôle de l'électrique Yumi est assurément fait pour Takeuchi Yuko (Mukodono!, Lunch no Joou, Pride, Bara no nai Hanaya...), qui n'est jamais aussi à l'aise que lorsqu'elle doit balader à tout bout de champ son grand sourire, enchaîner les mimiques faciales, et faire preuve d'une énergie démonstrative. Abe Hiroshi, dont la filmographie est trop longue pour être citée, joue un personnage moins original, plus discret mais plutôt sympathique, et se contente de laisser son naturel et son charisme jouer pour lui. Enfin, Nogiwa Yoko incarne avec perfection cette maîtresse-femme, solidement attachée à la tradition, et parangon de la Japonaise d'antan dont elle porte le kimono, parle la langue et, en somme, adopte toutes les valeurs. En lien direct avec ce personnage, on notera que, comme d'habitude, le sacrifice de sa vie personnelle et de celle de ses employés, au profit du travail, demeure une valeur indiscutée sur le petit écran nippon: que désirer de plus dans la vie que la satisfaction de sa clientèle?...
Suit derrière ce trio de tête toute une galerie de seconds rôles qui seraient sympathiques si la série ne souffrait d'un grave défaut: le surjeu. Il ne s'agit pas ici de touches humoristiques parsemant le drama, mais d'une constante qui finit par ruiner toute possibilité du téléspectateur de s'abandonner à l'histoire ou de s'attacher aux protagonistes. Seule exception, le personnage de Kazuya (Nishijima Hidetoshi), absolument navrant d''inexpressivité. L'excès en toute chose étant mauvais, la limite du supportable s'avère allègrement franchie par la ribambelle hystérique portée à l'écran et finit par lasser, d'autant plus que le scenario, qui propose une suite d'historiettes pratiquement distinctes les unes des autres, n'offre ni surprise, ni rebond. Bref, après avoir apprécié le décor des lieux, compris la leçon de la série et eu le plaisir de retrouver quelques têtes connues, voire de côtoyer le quotidien d'un mangaka pour les aficionados, l'ensemble ne prenant pas beaucoup de temps, on s'ennuie et on attend avec impatience la fin d'un drama en douze épisodes qui s'achève à bout de souffle.
Même en prenant en considération le fait que j'ai eu sous les yeux une version de qualité très médiocre avec également des sous-titres mal synchronisés, je ne peux que porter un regard dubitatif sur Egao no Hosoku. Certes, on relève quelques points positifs quant à cette rencontre, mi-drolatique, mi-explosive, entre tradition et modernité, mais le surjeu, la linéarité et la désespérante longueur de ce drama finissent par détruire tout l'intérêt du séjour.
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4 : The question is: for how many episodes will YOU be able to stand it?
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samedi 2 juin 2012
Nihon e yokoso (VI)
4H du matin. Réveillé et incapable de me rendormir, je finis par m'extirper de mon futon. Une heure s'est écoulée et il fait déjà grand jour. Dans les couloirs du ryokan, je croise un personnel déjà en ébullition pour préparer cette nouvelle journée: "ohayo gozaimasu... ohayo gozaimasu...ohayo gozaimasu..." Un peu désorienté, je me mets en quête des onsen dont l'ouverture est prévue dès 5H. Je m'attends à y être seul, mais un autre résident s'y trouve déjà. Debout et nu, l'eau lui arrivant à mi-cheville, il fait sa gymnastique matinale face à la mer. Je me lave énergiquement - avec le savon cette fois, c'est mieux - et je m'immerge dans un autre bassin. Entre fraîcheur matinale et chaleur du bain, je profite à plein de ce moment de calme et de bien-être. Quelques "cafés au lait" (en français dans le texte) glacés plus tard, une boisson à laquelle je suis devenu accro au Japon, je vois arriver mes camarades d'expédition pour un petit déjeuner colossal. A dire vrai, l'appellation ne rend pas justice à ce qui ressemble plus à un repas complet, avec poisson grillé, salade, daikon, soupe miso, etc. Assommé par le retour de bâton d'une nuit trop courte, je me noie dans un mutisme probablement peu agréable pour mes compagnons de tablée. Vient le moment de payer la douloureuse, ce qui a le mérite de me réveiller, bien qu'un peu brutalement. Cela dit, pas de regret: ça les valait.
Avant de nous rendre au temple Naiku, nous faisons un crochet par Meoto Iwa, couple de rochers mâle et femelle unis par une corde sacrée. Un vent puissant balaie le bord de mer, mais sans affecter les nombreuses statues de grenouilles qui s'y trouvent, pas plus que les innombrables petites décorations joliment alignées au bord des rues, y compris dans des ruelles probablement peu fréquentées.
Visiter le lieu de pèlerinage le plus sacré du Japon à l'époque de la golden week n'est pas peut-être pas l'idée du siècle. C'est du moins ce que je me dis lorsque nous nous trouvons pris dans des embouteillages à une dizaine de kilomètres du sanctuaire, mais c'était sans compter sur le sens de l'organisation des Japonais. Des barrages sur la route forcent les voitures à se diriger vers de grands parkings temporaires. Une fois de plus, des hordes de personnes âgées dûment équipées se chargent de guider les centaines de voitures vers les emplacements libres. Une fois stationnés, des bus "Super Grand" (dixit)' faisant la navette en les parkings et le temple nous déposent à destination. Pratique, mais je commence à ne même plus être étonné.
Par contre, la surprise vient du monde présent sur les lieux. Un flot continu de pèlerins se dirige vers le sanctuaire. Une fois encore, je tombe en admiration devant la beauté simple des lieux, la majesté des arbres, mais également le calme en dépit de la foule. Nous prenons place dans le flux de pèlerins qui gravit lentement les marches vers le temple de la déesse Amaterasu, cœur spirituel la religion shinto, lieu sacré entre tous, au point que l'Empereur lui-même, quels que soient ses déplacements ne doit jamais lui tourner le dos. Là se trouve l'un des trois trésors sacrés du Japon, le miroir de bronze, que nous ne verrons évidemment pas puisque seuls l'Empereur et certains hauts dignitaires religieux y ont accès. En dépit du nombre de personnes présentes, il n'y a aucune cohue, chacun faisant le nécessaire pour préserver un espace avec tous ses voisins.
En quittant les lieux, nous prenons les ondes positives émanant apparemment de rocs et cailloux divers (?) et passons devant une démonstration d'ikebana, puis, après avoir repassé un large cours d'eau clair, nous déambulons dans la grande artère commerçante qui borde les lieux.
Il est temps de se mettre en route vers notre prochaine destination: Nara, ses temples et ses... mais non! Je garde la surprise pour plus tard. Après une courte ballade nocturne et un dîner sur le thème du tonkatsu, nous rejoignons notre hôtel. Cette fois, il s'agit d'un minshuku, où tout le personnel se déplace pour saluer ses invités avec force inclinaison avant de vous conduire à votre chambre où vous attendent tatamis et futons. Après les onsen, me voici confronté au hinoki ofuro, grande baignoire collective en bois, où cette fois, me voyant perplexe devant la collection de produits pour le bain, un autre résident m'explique le contenu de chacune d'elles. C'était ma dernière séance de naturisme au Japon et j'aurai presque fini par m'y faire! Par contre, du côté des femmes, j'ai ouïe dire que le réglage de la température avait posé de tels problèmes que cette dernière session n'avère pas être un grand succès. Quoiqu'il en soit, une autre longue journée nous attend demain, aussi plongeons-nous dans nos futons: oyasumi nasai!
Avant de nous rendre au temple Naiku, nous faisons un crochet par Meoto Iwa, couple de rochers mâle et femelle unis par une corde sacrée. Un vent puissant balaie le bord de mer, mais sans affecter les nombreuses statues de grenouilles qui s'y trouvent, pas plus que les innombrables petites décorations joliment alignées au bord des rues, y compris dans des ruelles probablement peu fréquentées.
Visiter le lieu de pèlerinage le plus sacré du Japon à l'époque de la golden week n'est pas peut-être pas l'idée du siècle. C'est du moins ce que je me dis lorsque nous nous trouvons pris dans des embouteillages à une dizaine de kilomètres du sanctuaire, mais c'était sans compter sur le sens de l'organisation des Japonais. Des barrages sur la route forcent les voitures à se diriger vers de grands parkings temporaires. Une fois de plus, des hordes de personnes âgées dûment équipées se chargent de guider les centaines de voitures vers les emplacements libres. Une fois stationnés, des bus "Super Grand" (dixit)' faisant la navette en les parkings et le temple nous déposent à destination. Pratique, mais je commence à ne même plus être étonné.
Par contre, la surprise vient du monde présent sur les lieux. Un flot continu de pèlerins se dirige vers le sanctuaire. Une fois encore, je tombe en admiration devant la beauté simple des lieux, la majesté des arbres, mais également le calme en dépit de la foule. Nous prenons place dans le flux de pèlerins qui gravit lentement les marches vers le temple de la déesse Amaterasu, cœur spirituel la religion shinto, lieu sacré entre tous, au point que l'Empereur lui-même, quels que soient ses déplacements ne doit jamais lui tourner le dos. Là se trouve l'un des trois trésors sacrés du Japon, le miroir de bronze, que nous ne verrons évidemment pas puisque seuls l'Empereur et certains hauts dignitaires religieux y ont accès. En dépit du nombre de personnes présentes, il n'y a aucune cohue, chacun faisant le nécessaire pour préserver un espace avec tous ses voisins.
En quittant les lieux, nous prenons les ondes positives émanant apparemment de rocs et cailloux divers (?) et passons devant une démonstration d'ikebana, puis, après avoir repassé un large cours d'eau clair, nous déambulons dans la grande artère commerçante qui borde les lieux.
Il est temps de se mettre en route vers notre prochaine destination: Nara, ses temples et ses... mais non! Je garde la surprise pour plus tard. Après une courte ballade nocturne et un dîner sur le thème du tonkatsu, nous rejoignons notre hôtel. Cette fois, il s'agit d'un minshuku, où tout le personnel se déplace pour saluer ses invités avec force inclinaison avant de vous conduire à votre chambre où vous attendent tatamis et futons. Après les onsen, me voici confronté au hinoki ofuro, grande baignoire collective en bois, où cette fois, me voyant perplexe devant la collection de produits pour le bain, un autre résident m'explique le contenu de chacune d'elles. C'était ma dernière séance de naturisme au Japon et j'aurai presque fini par m'y faire! Par contre, du côté des femmes, j'ai ouïe dire que le réglage de la température avait posé de tels problèmes que cette dernière session n'avère pas être un grand succès. Quoiqu'il en soit, une autre longue journée nous attend demain, aussi plongeons-nous dans nos futons: oyasumi nasai!
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